Personnes concernées par la maladie
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Myopathie des ceintures avec déficit en FKRP
La LGMD 2I est une maladie musculaire d'origine génétique. Elle appartient au groupe des myopathies des ceintures (''Limb Girdle Muscular Dystrophy'' ou LGMD) et se transmet sur le mode autosomique récessif. La nomenclature « 2I » fait référence au caractère autosomique récessif de ces affections (« 1 » désigne les formes dominantes, et « 2 » les formes récessives) et au fait que le gène FKRP à été le 9è du genre à être identifié dans une liste allant de A à K. Initialement décrite en Tunisie en 2002 dans des populations fortement endogames, la LGMD 2I est en fait universelle et très probablement parmi les plus fréquentes des myopathies des ceintures autosomique récessives. Le même gène FKRP est aussi responsable d’une forme sévère de dystrophie musculaire congénitale avec déficit en alpha-dystroglycane (la MDC 1C selon la nomenclature internationale).
Autres appellations : LGMD (Limb Girdle Muscular Dystrophy) 2I
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Comment se manifeste la myopathie des ceintures avec déficit en FKRP ?
Comme les autres dystrophies de ceintures, la LGMD 2I se manifeste par une faiblesse des muscles des ceintures pelvienne et scapulaire. Les mollets et la langue sont volontiers pseudohypertrophiques. Cependant, tant dans l’âge de début que dans l’évolution, il existe une grande variabilité individuelle. Certains adultes peuvent démarrer leur maladie après 60 ans et à l’inverse, certaines formes de l’enfant se rapprochent, par leur évolutivité, des cas de dystrophie musculaire congénitale avec déficit en alpha-dystroglycane. Le tableau le plus classique reste néanmoins celui d’une myopathie Becker-like avec un début dans l’enfance ou l’adolescence, une évolution assez lente, une pseudohypertrophie des mollets et une atteinte cardiaque fréquente. Les formes pseudométaboliques (où des crampes, des myalgies et une intolérance à l’effort sont au devant de la scène) ne sont pas rares. Il en est de même pour quelques formes se révélant par une cardiomyopathie d’emblée. Chez l’enfant, on a décrit des cas de myosite pseudovirale ayant précédé la découverte d’une LGMD 2I. Il n’y a pas d’atteinte des muscles du visage, et l’intellect est toujours conservé.
Comment fait-on le diagnostic ?
Vu sa grande fréquence surtout sous nos latitudes, il faut toujours penser à une possible myopathie des ceintures de type 2I devant une pathologie dystrophique associée à une pseudohypertrophie musculaire et transmise sur le mode autosomique récessif, et ce quel que soit l’âge de début.
Les examens de débrouillage montre des tracés d’allure myopathique à l’électromyogramme et des enzymes musculaires (CPK) qui sont constamment très élevées (jusqu’à 50 ou 100 fois la normale). L’imagerie musculaire (scanner, IRM) n’est pas d’un grand secours car la sélectivité de l’atteinte musculaire est peu marquée. Il est recommandé de pratiquer de principe une IRM cérébrale afin d’étudier la présence de possibles modifications (sans conséquences cliniques) de la substance blanche comme on a pu les noter dans certaines DMC avec déficit en FKRP.
L’examen-clé pour établir le diagnostic reste la biopsie musculaire, c’est à dire le prélèvement d’un petit fragment de tissu musculaire au niveau de l’épaule ou de la cuisse, le tout sous anesthésie locale. Outre les aspects dystrophiques communs à toute myopathie des ceintures, on note une diminution marquée ou une absence complète de marquage d’une protéine membranaire appelée alpha-dystroglycane et qui appartient au complexe protéique associée à la dystrophine. Parallèlement, on peut noter une diminution de la laminine alpha-2 (appelée aussi mérosine). L’interprétation de ces marquages est parfois délicate surtout dans les formes cliniquement peu sévères. Une méthode semi-quantitative de dosage de l’alpha-dystroglycane mais elle est aussi d’interprétation encore difficile et aléatoire.
La seule preuve formelle du diagnostic de LGMD 2I repose sur la découverte de deux mutations pathogènes dans le gène codant la FKRP. Ceci est assez facile à obtenir et ce pour deux raisons : il s’agit d’abord d’un petit gène (avec un seul exon codant à analyser). D’autre part, il existe une mutation dite L276I (transformant un acide aminé Leucine en acide aminé Isoleucine en position 276) que l’on retrouve avec une très grande fréquence surtout en Europe du Nord.
Il est à noter que bon nombre de patients étiquetés jusqu’alors comme porteurs d’une myopathie de Becker mais sans mutation dans le gène de la dystrophine se sont avérés, après révision de leur diagnostic, être des personnes atteintes de myopathie des ceintures de type LGMD2I. Certaines équipes préconisent même de tester la présence de la mutation L276I de manière systématique devant toute personne présentant une myopathie des ceintures à l’âge adulte, avant même la pratique d’une biopsie musculaire.Comment évolue-t-elle ?
La LGMD 2I, d'expression variable, est tout aussi variable dans son âge d’installation que dans son évolution. La plupart du temps, la maladie évolue lentement, sans aucune incidence sur l'espérance de vie. Il existe cependant des cas plus sévères présentant une évolution comparable à celle de la dystrophie musculaire de Becker voire même d’une myopathie de Duchenne (avec atteinte cardiaque et respiratoire). Les cas porteurs de la mutation L276I à l’état homozygote (c’est-à -dire que les deux chromosomes sont tous les deux porteurs de la même anomalie génétique) sont en règle générale les plus bénins. Il est probable que des gènes modificateurs influent sur la gravité de l’atteinte clinique.
Que peut-on faire ?
Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce et adaptée en fonction de chaque situation personnelle. Elle permet de lutter efficacement contre les conséquences néfastes des paralysies en maintenant, notamment, la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire peut entraîner des déformations articulaires).
Les aides techniques peuvent aussi compenser la perte de certaines possibilités motrices. Le fauteuil roulant permet de retrouver l'autonomie de se déplacer. L'atteinte cardiaque impose une surveillance précoce et permanente de préférence en milieu spécialisé. En cas de cardiomyopathie avérée, le traitement de choix repose sur les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou les bêta-bloquants, ainsi que sur la transplantation cardiaque en cas d’échec des traitements précédents.Où en est la recherche ?
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Les Avancées dans les myopathies des ceintures présentent l'état des connaissances scientifiques, mis à jour à l'occasion des Journées des Familles de l'AFM en juin 2011.
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