Premières avancées de la thérapie cellulaire
Reconstruire de la peau
En 2009, l’équipe de Marc Peschanski (I-Stem) a réussi le pari de produire un épiderme entier à partir de cellules souches embryonnaires humaines. L'objectif est de pouvoir proposer à terme cette ressource illimitée de cellules comme alternative thérapeutique, notamment aux grands brûlés et aux patients atteints de maladies génétiques affectant la peau.
A partir de cellules souches embryonnaires humaines (hESC), les chercheurs d’I-Stem ont obtenu des keratinocytes semblables à ceux naturellement présents chez l'Homme au niveau de l'épiderme. Les keratinocytes, permettent, en effet, le renouvellement constant de la peau.
Les hESC possèdent deux caractéristiques fondamentales : elles peuvent se renouveler à l'infini et se différencier vers tous les types cellulaires du corps humain. Les hESC présentent donc un intérêt considérable pour la médecine régénérative et pour l'identification de nouvelles molécules pharmacologiques.
Comprendre les maladies neurodégénératives
L’équipe I-Stem s’est intéressée à l'utilisation de cellules souches embryonnaires humaines (hESC) pour mieux comprendre et traiter les maladies neurodégénératives d'origine génétique, en particulier la maladie de Huntington. Cette maladie est associée à une destruction des neurones du striatum, région centrale, à la base du cerveau. Les chercheurs d’I-Stem ont démontré en 2008 que les cellules souches embryonnaires avaient la capacité de se différencier en cellules neurones du striatum in vitro comme in vivo. Ils sont ensuite parvenus à les greffer dans le cerveau d'un modèle animal. Cette découverte, parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) le 13 octobre 2008, ouvre une nouvelle piste thérapeutique dans la maladie de Huntington.
Myopathie de Duchenne : vers une greffe de myoblastes
Un essai, mené par le Pr Jacques Tremblay, au Québec, a montré le potentiel de la greffe de myoblastes (cellules souches du muscle) dans la dystrophie musculaire de Duchenne. Les myoblastes provenaient de donneurs compatibles (père ou mère) et la greffe réalisée dans le biceps nécessitait un traitement anti-rejet. Les résultats, publiés en 2006 dans le Journal of Neuropathology & Experimental Neurology, montrent que la dystrophine, à savoir la protéine fabriquée de manière anormale chez les malades, pouvait s’exprimer sous sa forme normale.
Pour traiter l’infarctus du myocarde
- En 2006, l’équipe de Philippe Menasché, de l’hôpital européen George Pompidou à Paris (HEGP), publiait des résultats encourageants d’un essai de phase I dans le Journal of American College of Cardiology (JACC). Chaque patient recevait une injection de ses propres myoblastes dans la portion de cœur (qui est un muscle) atteinte par l’infarctus. Cet essai, soutenu par l’AFM, a ouvert la voie à un essai de phase II, mené par la société Myosix, en Europe et aux Etats-Unis.
- Par ailleurs, à l’Institut du Thorax de Nantes, le Pr Patricia Lemarchand (Inserm - Nantes) a achevé, en 2010, un essai de thérapie cellulaire chez 101 personnes ayant survécu à un infarctus. Des cellules souches issues de leur propre moelle osseuse ont été injectées dans la zone lésée du cœur. Les résultats de cet essai (essai BONAMI), soutenu par l’AFM, ont été publiés dans The European Heart Journal. Cette étude a été menée entre 2005 et 2009 auprès de patients âgés de moins de 75 ans hospitalisés suite à un premier infarctus grave. En plus d’un traitement par angioplastie, la moitié d’entre eux ont reçu une injection de leurs propres cellules de moelle osseuse. Les cellules ont été concentrées puis réinjectées directement dans l’artère coronaire. Dès 3 mois après l’infarctus, cette thérapie cellulaire a eu un effet bénéfique sur le muscle cardiaque. Les malades ayant reçu le traitement par thérapie cellulaire ont eu une meilleure récupération que les autres. Ces résultats suggèrent que les cellules injectées ont stimulé et augmenté les capacités physiologiques de réparation post-infarctus du muscle cardiaque.
- Parallèlement à cette stratégie destinée à limiter les séquelles d’infarctus, une autre stratégie est développée par l’équipe du Pr Lemarchand en collaboration avec le Pr Roncalli au CHU de Toulouse. Il s’agit, chez des patients au stade d’insuffisance cardiaque chronique très évoluée, d’injecter une sous-population de cellules souches autologues de la moelle osseuse directement dans le muscle cardiaque, pour améliorer ses performances fonctionnelles. Cette stratégie est actuellement en cours d’évaluation dans un petit groupe de patients (essai MESAMI).
- Thérapie génique - 3 articles
- La chirurgie du gène - 3 articles
- Thérapie cellulaire - 4 articles
- Médicaments - 3 articles
- Autres pistes - 1 articles






