Vecteurs et méganucléases



Vecteurs et méganucléases : explications

Les vecteurs sont les "navettes" des gènes-médicaments, les méganucléases des "ciseaux" à ADN. Ils sont des outils essentiels de la thérapie génique et de la chirurgie du gène. C’est pourquoi l’Association Française contre les Myopathies (AFM) soutient leur production.

Un vecteur est ce qui va permettre de transporter le gène-médicament à l’intérieur de la cellule. Il existe des vecteurs physiques comme l’électroporation, la biolistique, des vecteurs synthétiques (composés chimiques se liant au gène-médicament) mais surtout des vecteurs biologiques : des virus modifiés ou des plasmides.

Les virus ont en effet la formidable capacité de pénétrer la membrane de nos cellules et d’introduire leur ADN dans le noyau afin de détourner notre machinerie cellulaire à leur profit, en faisant fabriquer leurs propres protéines par nos cellules. En les modifiant de façon à leur faire perdre leur caractère pathogène, on peut exploiter ces propriétés en insérant le gène-médicament dans leur ADN puis en laissant la nature agir.

En savoir plus sur les 5 étapes de fabrication d'un vecteur


Les types de vecteurs viraux

Plusieurs types de vecteurs viraux ont été développés. Les premiers, des rétrovirus, sont peu à peu abandonnés car jugés trop risqués du fait de l’intégration aléatoire de leur ADN dans l’ADN cellulaire, qui expose à un risque de cancer. Les virus adéno-associés ou adénovirus (AAV) sont, eux, en pleine expansion, de même que les lentivirus.

Quant aux plasmides, il s’agit de petits brins d’ADN nu circulaire capables de se multiplier de manière autonome. Ils sont indispensables pour fabriquer des vecteurs viraux mais sont aussi utilisables directement comme vecteurs de gène-médicament. Avec les plasmides, il y a moins de risque d’induire une réaction immunitaire qu'avec les vecteurs AAV mais le transfert de gène sur plasmide est moins souvent réussi...

Les méganucléases

Les méganucléases sont des ciseaux à ADN qui servent à couper une anomalie sur un gène. Elles sont utilisées en chirurgie du gène.

L’AFM a signé un contrat de recherche et de licence avec le leader français sur les méganucléases, Cellectis, qui prévoit la production de lots de méganucléases concernant sept types de mutations génétiques. Les deux premiers gènes concernés sont ceux de la bétaglobine, dont la déficience est à l'origine de maladies du sang et de la dystrophine, à l'origine des dystrophies musculaires de Duchenne et de Becker.

Vecteurs et méganucléases - 3 articles