Astuces anti-fausses routes



Des fausses routes à répétition sont à l'origine d'infections pulmonaires et de troubles respiratoires. Le risque d’étouffement est également plus important chez une personne dont les muscles abdominaux sont affaiblis et le réflexe de toux compromis. En cas de troubles de la déglutition, le malade doit manger en compagnie, et rester concentré. Pas de télé à table !

Solutions techniques

Le positionnement doit être optimal. Fléchir la tête en avant d’environ 30° ou la tourner sur le côté permet de faciliter le passage des aliments. Des aides techniques peuvent être utiles : cuillère à café, verre découpé, canard ergonomique spécial (le modèle classique possède un bec trop court). Dans certains cas, il semble qu’une mentonnière puisse aussi s’avérer utile pour faciliter la fermeture de la mâchoire et, de là, la mastication et la déglutition.

Le menu, s’il vous plaît !

L’alimentation doit rester variée et équilibrée tout en privilégiant les aliments mous et faciles à mâcher. L’ajout de sauce ou de crème permet de mieux les lubrifier et stimuler la salivation. Ensuite, on peut modifier la texture en mixant ou en moulinant les plats cuisinés. Ratatouille, bœuf bourguignon puis terrines (pas trop compactes), purées, mousses de fruits ou de légumes, compotes : la « carte » peut rester savoureuse.

Quant aux boissons, il faut savoir que le plus dur à avaler est l’eau plate à température ambiante. Mieux vaut des boissons gazeuses aromatisées et fraîches ou épaisses comme le jus de tomates ou les « smoothies » (fruits mixés avec du lait). Une astuce : on peut épaissir un jus de fruit classique en ajoutant un peu de compote ou fabriquer de l’eau gélifiée. Dans tous les cas, il est important de respecter les désirs et les goûts du malade et soigner la présentation. Chaque repas doit rester un plaisir.

Idées recette :
Plaisirs de la table retrouvés : 120 recettes mixées, par Marie-Claire DUPUY, éditions Mot à Mot

Les pièges à éviter

  • Les compositions hétérogènes : fruits à pépin, pêche avec la peau, chocolat avec éclats de fruits ou noisettes, frites trop cuites (croustillant et mou). Le pire : un cachet avec de l'eau ! L'organisme reçoit deux informations contradictoires (liquide et solide) et a du mal à s’organiser, d’où un risque important de fausse route. Pensez à écraser les cachets et ouvrir les gélules !
  • Les viandes trop dures, les légumes fibreux, les crudités.
  • Les aliments friables : biscottes, cake un peu sec.
  • Les aliments en petits morceaux : coquillettes, riz, petits pois

Attention aussi aux médicaments qui ont un effet sur la vigilance et le tonus musculaire.

Alimentation et maladies neuromusculaires - 4 articles
Troubles de la déglutition - 1 articles