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Myopathie des ceintures

Des maladies rares d'origine génétique qui touchent le muscle

Elles se manifestent par une diminution progressive de la force des muscles du bassin (ceinture pelvienne) et des muscles des épaules (ceinture scapulaire).

Les myopathies des ceintures (ou dystrophies musculaires des ceintures) constituent un ensemble de maladies musculaires qui diffèrent, parfois beaucoup, les unes des autres. Elles toucheraient environ 5 à 6 personnes sur 1 million.
Elles sont aussi appelées LGMD (pour Limb Girdle Muscular Dystrophy en anglais) ou dystrophie musculaire des ceintures d'Erb.

A quoi sont-elles dues ?

Les myopathies des ceintures sont des maladies d'origine génétique. Près de 30 gènes impliqués dans l'apparition et la transmission de ces maladies  ont été identifiés. À chaque gène, correspond une forme distincte de myopathie des ceintures. Les anomalies génétiques en cause dans les myopathies des ceintures perturbent le bon fonctionnement des cellules musculaires.

Afin de s'y retrouver dans les différents types des myopathies des ceintures, qui présentent une grande variété génétique, les médecins et les chercheurs utilisent une classification basée sur deux critères :

  • le mode de transmission génétique : dominant (LGMD1) ou récessif (LGMD2) ;
  • l'anomalie génétique en cause. A chaque sous-type (1A, 1B, 1C..., 2A, 2B...) correspond à une anomalie génétique touchant la fabrication d'une protéine donnée.

Parmi les formes autosomiques récessives (LGMD2), la calpaïnopathie (LGMD2A) est la plus fréquente, suivie par l'anoctaminopathie (LGMD2L) et la dysferlinopathie (LGMD2B), puis par les sarcoglycanopathies (LGMD2C, 2D, 2E, 2F).

Les formes autosomiques dominantes (LGMD1) sont beaucoup plus rares, avec parfois une seule ou quelques familles seulement rapportées pour chacune de ces formes.

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures.

Où en est la recherche ?

La recherche sur les myopathies des ceintures est particulièrement active que ce soit dans le domaine de la découverte de nouveaux gènes ou celui de l'exploration de pistes thérapeutiques.

En 2014, le congrès international des maladies neuromusculaires (Nice, 5-10 juillet 2014) et le congrès de la World Muscle Society  (Berlin, 7-11 octobre 2014) ont été l'occasion de mettre en avant les progrès réalisés dans la recherche sur les myopathies des ceintures devant plus de 500 scientifiques et cliniciens venus du monde entier à chaque fois.

Cette thématique sera de nouveau abordée au prochain congrès de la World Muscle Society, en octobre 2015 et le congrès Myology 2016, organisé par l'AFM-Téléthon en mars 2016.

Améliorer les connaissances sur les myopathies des ceintures

Depuis la découverte du gène de la calpaïne 3 en 1995, de nouveaux gènes impliqués dans les myopathies des ceintures sont régulièrement découverts. Récemment ce sont les gènes TNPO3 (dans la LGMD1F), DES (dans la LGMD2R), TRAPPC11 (dans la LGMD2S), GMPPB (dans la LGMD2T) qui ont été impliqués en 2013, le gène HNRPDL (dans la LGMD1G) en 2014 et les gènes ISPD (dans la LGMD2U), GAA (dans la LGMD2V) et LIMS2 (dans la LGMD2W) en 2015.

En tout, près de 30 gènes différents ont été identifiés dans les myopathies des ceintures. Les médecins découvrent petit à petit que certains de ces gènes sont aussi impliqués dans d'autres formes de maladies neuromusculaires. C’est le cas notamment dans plusieurs formes de dystrophies musculaires congénitales.

Plusieurs études observationnelles sont en cours pour mieux décrire les différentes formes de myopathies des ceintures : LGMD2A (calpaïnopathie), LGMD2B (dysferlinopathie), LGMD2C et LGMD2D (sarcoglycanopathies), LGMD2I (déficit en FKRP), LGMD2L (anoctaminopathie)… Ces études apportent des données plus spécifiques sur l'évolution de chacune de ces formes de myopathies des ceintures sur lesquelles s’appuyer pour de futurs essais cliniques.

Les pistes thérapeutiques

Les chercheurs explorent plusieurs stratégies afin d'agir sur le mécanisme pathologique à différents niveaux.

  • L'approche pharmacologique vise à soulager certains signes liés à la maladie (par exemple, un essai en cours aux États-Unis évalue l'efficacité du coenzyme Q10 et du lisinopril sur les performances cardiaques chez des personnes atteintes de LGMD2C, LGMD2F et LGMD2I).
  • La thérapie génique consiste à insérer, dans les cellules de la personne malade, un "gène-médicament". Un premier essai de thérapie génique a été conduit aux États-Unis chez 6 enfants atteints d’alpha-sarcoglycanopathie (LGMD2D). Lors de l'essai, les fibres musculaires des enfants traités ont fabriqué de l'alpha-dystroglycane. Un nouvel essai de phase I/II a démarré en février 2015 pour étudier pendant 2 ans les effets du "gène-médicament" en cours de développement. D'autres études sont en cours en laboratoire de recherche sur des modèles expérimentaux.
  • La thérapie cellulaire vise à réparer les muscles atteints avec des cellules souches de la personne malade, préalablement traitées par thérapie génique.

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures

Les myopathies des ceintures sont des maladies du muscle. Le tissu musculaire se transforme : petit à petit il devient dystrophique (d’où le nom de dystrophie musculaire des ceintures). Progressivement, certains muscles diminuent de volume et s'affaiblissent.

Les dystrophies musculaires des ceintures se manifestent par une diminution progressive de la force des muscles du bassin (ceinture pelvienne) et des muscles des épaules (ceinture scapulaire).

Leurs manifestations sont très variables d'une forme à l'autre. Dans les formes qui se transmettent sur le mode récessif (LGMD2), la maladie apparait souvent avant l'âge de 20 ans. Dans les formes qui se transmettent sur le mode dominant (LGMD1), le début peut être plus tardif. Les premiers signes consistent principalement en des difficultés pour courir, pour monter les escaliers et se relever du sol. Les chutes sont fréquentes. Les mollets peuvent paraître très musclés (hypertrophie des mollets), surtout dans les sarcoglycanopathies (LGMD2C, 2D, 2E, 2F).

Une atteinte respiratoire est possible, dans certaines formes, mais elle n'est pas évolutive.

L'atteinte cardiaque est rare, sauf dans les myopathies des ceintures 1B et 1C.

Comment évoluent-elles ?

L'évolution de ces maladies est très variable. Elle peut être lente ou rapide.

Le déficit des muscles des jambes s'accompagne souvent d'un raccourcissement des tendons d'Achille (rétractions tendineuses) et d’une déformation de la colonne vertébrale (hyperlordose). La marche devient difficile, mais tout dépend de la maladie en cause. Ainsi, dans certaines sarcoglycanopathies la marche devient impossible au bout de plusieurs années d'évolution. D'autres dystrophies des ceintures sont peu ou pas évolutives.

Que peut-on faire ?

La prise en charge médicale vise essentiellement à prévenir les complications, notamment au niveau des muscles et des articulations.

  • Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
  • La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce, régulière et adaptée à chaque situation individuelle. Elle permet de lutter contre les conséquences néfastes de la maladie, en maintenant, notamment, la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire s'accompagne d'un enraidissement des muscles et des articulations et peut entraîner des déformations articulaires).
  • Des aides techniques (téléphone main libre, canne, support de bras, pince à long manche...) aident, le cas échéant, à réaliser les gestes de la vie quotidienne que la gêne musculaire rend pénibles ou impossibles. Le fauteuil roulant permet de retrouver l'autonomie de se déplacer.
  • Lorsqu'il existe une atteinte des muscles respiratoires, celle-ci nécessite une prise en charge spécifique.
  • Un suivi cardiologique régulier permet de mettre en route un traitement adapté au cas où des signes cardiaques seraient détectés par les examens médicaux.

C'est une maladie génétique héréditaire. Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie.

Un réseau de consultations expert

La prise en charge d'une myopathie des ceintures se conçoit au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires, réunissant les compétences d’un neuropédiatre ou d'un neurologue, d’un médecin de rééducation (MPR), d’un généticien, d’un kinésithérapeute, d’un ergothérapeute, d’un diététicien et d’un psychologue.

Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires

Le port et la présentation de sa Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires aux professionnels médicaux, spécialistes ou non de cette maladie, favorisent la coordination des soins. Cela permet surtout d'éviter des erreurs liées à la méconnaissance des spécificités des maladies neuromusculaires, notamment en situation d'urgence. Les médicaments contre-indiqués et les préconisations pour l'anesthésie locale ou générale figurent aussi sur cette carte. Il est recommandé de l'avoir toujours sur soi.

C'est le médecin de la consultation spécialisée qui vous remet la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires sur laquelle figure des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Veillez à la faire mettre à jour régulièrement par le médecin.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic clinique est basé sur la localisation du déficit musculaire, son évolutivité et l'étude du mode de transmission génétique. Le diagnostic clinique doit être complété par des examens (prise de sang, scanner ou IRM musculaires, électromyogramme, biopsie musculaire) qui visent à préciser l'atteinte des muscles et sa topographie.

  • La prise de sang permet de mesurer la concentration sanguine de certaines enzymes musculaires telles que la créatine kinase ou créatine phospho-kinase (CPK).
  • Un prélèvement d'un fragment de muscle (biopsie musculaire) permet de mettre évidence l’altération du tissu musculaire (aspect de nécrose-régénération caractéristique des dystrophies musculaires) et d’identifier, dans certains cas, le déficit protéique causal.
  • Une prise de sang permet à partir de l'ADN des globules blancs de procéder à un test génétique qui consiste à analyser le gène codant la protéine suspecte.

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS "Maladies" du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

Expliquer les soins à un enfant

Sparadrap est une association qui aide les familles et les professionnels quand un enfant est malade ou hospitalisé. Le site internet de l'association s'adresse à la fois aux enfants, aux parents et aux professionnels de santé, et propose des documents spécifiques à chaque situation.

www.sparadrap.org

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

www.orphanet.fr

Tous à l'école

Destiné aux enseignants, ce site apporte des informations générales sur de nombreuses maladies pour expliquer les conséquences possibles d'une maladie ou d'un handicap sur les apprentissages et proposer des pistes pour aider les enseignants dans leurs démarches pédagogiques et faciliter la scolarité des élèves atteints d'une maladie chronique.

http://www.tousalecole.fr/

Filnemus, la filière de santé pour les maladies neuromusculaires

La filière neuromusculaire Filnemus anime et coordonne les actions entre les acteurs impliqués dans la prise en charge des maladies neuromusculaires. Elle regroupe les centres de référence et de compétence "Maladies neuromusculaires", les structures de soins travaillant avec ces centres, des laboratoires et plateformes de diagnostic, des professionnels et structures des secteurs social et médicosocial, des équipes de recherche fondamentale, clinique et translationnelle, des associations de malades...

http://www.filnemus.fr

Suivre l'actualité sur les myopathies des ceintures dans le monde

Plusieurs associations de malades dans le monde s'intéressent aux myopathies des ceintures. Leurs sites internet présentent de l'information sur ces maladies, leurs traitements et les essais ainsi que les recherches en cours. 

www.muscle.ca : Site internet de l'association Dystrophie musculaire Canada (français et anglais)

www.mda.org : Site internet de la Muscular Dystrophy Association, association américane (en anglais)

www.musculardystrophyuk.org : Site internet de la Muscular Dystrophy UK, association anglaise (en anglais)

Connaître les essais cliniques en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).
www.clinicaltrials.gov

Publié le : 08/06/2016

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien