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Myopathie des ceintures de type 1B

Myopathie des ceintures avec déficit en lamines (LGMD1B)

Elle se manifeste par une diminution progressive de la force des muscles du bassin et des cuisses (ceinture pelvienne) et des épaules (ceinture scapulaire).

La myopathie des ceintures avec déficit en lamines, appelée aussi dystrophie musculaire des ceintures 1B ou LGMD (pour Limb Girdle Muscular Dystrophy) 1B, est une maladie d'origine génétique qui touche le muscle. Elle appartient au groupe des myopathies des ceintures (''Limb Girdle Muscular Dystrophy'' ou LGMD). C'est une maladie rare, décrite initialement dans quelques familles originaires des Pays-Bas, du Surinam et des Caraïbes.

Elle fait aussi partie du groupe des laminopathies, groupe hétérogène de maladies dues à des anomalies dans le gène codant les lamines (d’où leur nom) et qui se manifestent de façon très diverse. Outre la dystrophie musculaire des ceintures 1B, on y trouve, entre autres, les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss autosomiques dominante et récessive, une forme de maladie de Charcot-Marie-Tooth et un syndrome de vieillissement prématuré (progéria)…

À quoi est-elle due ?

La myopathie des ceintures avec déficit en lamines (ou LGMD1B) est une  maladie d'origine génétique. Elle est due à des anomalies dans le gène LMNA codant les lamines A/C.

Les lamines forment une couche qui tapisse la face interne de l'enveloppe du noyau de la cellule. Elles jouent un rôle important non seulement dans le maintien de la forme du noyau et sa résistance aux contraintes mécaniques lorsque la cellule musculaire se contracte, mais aussi dans l’organisation de l'ADN (chromatine) et le bon positionnement des noyaux au sein de la cellule musculaire.

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures

Où en est la recherche dans les myopathies des ceintures ?

La recherche sur les myopathies des ceintures est particulièrement active que ce soit dans le domaine de la découverte de nouveaux gènes ou celui de l'exploration de pistes thérapeutiques.

En 2014, le congrès international des maladies neuromusculaires (Nice, 5-10 juillet 2014) et le congrès de la World Muscle Society  (Berlin, 7-11 octobre 2014) ont été l'occasion de mettre en avant les progrès réalisés dans la recherche sur les myopathies des ceintures devant plus de 500 scientifiques et cliniciens venus du monde entier à chaque fois.

Cette thématique sera de nouveau abordée au prochain congrès de la World Muscle Society, en octobre 2015 et le congrès Myology 2016, organisé par l'AFM-Téléthon en mars 2016.

Améliorer les connaissances sur les myopathies des ceintures

Depuis la découverte du gène de la calpaïne 3 en 1995, de nouveaux gènes impliqués dans les myopathies des ceintures sont régulièrement découverts. Récemment ce sont les gènes TNPO3 (dans la LGMD1F), DES (dans la LGMD2R), TRAPPC11 (dans la LGMD2S), GMPPB (dans la LGMD2T) qui ont été impliqués en 2013, le gène HNRPDL (dans la LGMD1G) en 2014 et les gènes ISPD (dans la LGMD2U), GAA (dans la LGMD2V) et LIMS2 (dans la LGMD2W) en 2015.

En tout, près de 30 gènes différents ont été identifiés dans les myopathies des ceintures. Les médecins découvrent petit à petit que certains de ces gènes sont aussi impliqués dans d'autres formes de maladies neuromusculaires. C’est le cas notamment dans plusieurs formes de dystrophies musculaires congénitales.

Plusieurs études observationnelles sont en cours pour mieux décrire les différentes formes de myopathies des ceintures : LGMD2A (calpaïnopathie), LGMD2B (dysferlinopathie), LGMD2C et LGMD2D (sarcoglycanopathies), LGMD2I (déficit en FKRP), LGMD2L (anoctaminopathie)… Ces études apportent des données plus spécifiques sur l'évolution de chacune de ces formes de myopathies des ceintures sur lesquelles s’appuyer pour de futurs essais cliniques.

Les pistes thérapeutiques

Les chercheurs explorent plusieurs stratégies afin d'agir sur le mécanisme pathologique à différents niveaux.

  • L'approche pharmacologique vise à soulager certains signes liés à la maladie (par exemple, un essai en cours aux États-Unis évalue l'efficacité du coenzyme Q10 et du lisinopril sur les performances cardiaques chez des personnes atteintes de LGMD2C, LGMD2F et LGMD2I).
  • La thérapie génique consiste à insérer, dans les cellules de la personne malade, un "gène-médicament". Un premier essai de thérapie génique a été conduit aux États-Unis chez 6 enfants atteints d’alpha-sarcoglycanopathie (LGMD2D). Lors de l'essai, les fibres musculaires des enfants traités ont fabriqué de l'alpha-dystroglycane. Un nouvel essai de phase I/II a démarré en février 2015 pour étudier pendant 2 ans les effets du "gène-médicament" en cours de développement. D'autres études sont en cours en laboratoire de recherche sur des modèles expérimentaux.
  • La thérapie cellulaire vise à réparer les muscles atteints avec des cellules souches de la personne malade, préalablement traitées par thérapie génique.

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La myopathie des ceintures 1B est une maladie du muscle. Le tissu musculaire se transforme : petit à petit il devient dystrophique (d’où le nom de dystrophie musculaire des ceintures). Progressivement, certains muscles diminuent de volume et s'affaiblissent.

La myopathie des ceintures avec déficit en lamines (ou LGMD 1B) se manifeste avant l'âge de 20 ans par une diminution progressive de la force des muscles du bassin et des cuisses (ceinture pelvienne) : difficultés pour courir, monter les escaliers, se relever du sol...

L'atteinte s'étend aux muscles des épaules (ceinture scapulaire) et des bras.

Les articulations des coudes et des chevilles (tendon d'Achilles) peuvent s'enraidirent du fait d’un raccourcissement des tendons des muscles affaiblis, rétractions musculaires, habituellement modérées et très tardives.

Une atteinte cardiaque (troubles de conduction, compliqués parfois d’une cardiomyopathie) est également présente dans plus de 60% des cas.

Comment évolue-t-elle ?

Dans la myopathie des ceintures 1B, la progression de l'atteinte musculaire est généralement lente. La perte de la force musculaire s'accompagne d'un enraidissement des muscles et des articulations et peut entraîner, en l’absence de prise en charge orthopédique, des rétractions à un stade tardif.

Le pronostic est lié à la précocité et à la sévérité de l’atteinte cardiaque qui, si elle n’est pas détectée et traitée à temps, peut entraîner des accidents graves.

Que peut-on faire ?

La prise en charge vise essentiellement à améliorer le confort de vie des personnes atteintes de myopathie des ceintures 1B et à en prévenir les complications, en particulier au niveau des muscles, des articulations et du cœur.

  • Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
  • La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce, régulière et adaptée à chaque situation individuelle. Elle permet de lutter contre les conséquences néfastes de la maladie, en maintenant, notamment, la souplesse des articulations.
  • L'atteinte cardiaque impose une surveillance précoce et un suivi cardiologique en milieu spécialisé. La pose d'un pace-maker muni d'un défibrillateur implantable est souvent nécessaire pour prévenir le risque de mort subite.
  • Des aides techniques (canne, téléphone main libre, pince à long manche, support de bras...) aident, le cas échéant, à réaliser les gestes de la vie quotidienne que la gêne musculaire rend difficiles ou impossibles. L’utilisation d’un fauteuil roulant permet de conserver son autonomie de déplacement.
  • Un suivi cardiologique régulier permet de mettre en route un traitement adapté au cas où des signes cardiaques éventuels sont détectés par les examens médicaux. Le traitement d'atteinte cardiaque (cardiomyopathie) repose sur les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) ou les bêta-bloquants, voire la transplantation cardiaque le cas échéant.

C'est une maladie génétique qui se transmet sur le mode autosomique dominant. Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie. 

Un réseau de consultations expert

La prise en charge d'une myopathie des ceintures 1B se conçoit au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires, réunissant les compétences d’un neuropédiatre ou d'un neurologue, d’un médecin de rééducation (MPR), d’un généticien, d’un kinésithérapeute, d’un ergothérapeute, d’un diététicien et d’un psychologue.

Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires

Le port et la présentation de sa Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires aux professionnels médicaux, spécialistes ou non de cette maladie, favorisent la coordination des soins. Cela permet surtout d'éviter des erreurs liées à la méconnaissance des spécificités des maladies neuromusculaires, notamment en situation d'urgence. Les médicaments contre-indiqués et les préconisations pour l'anesthésie locale ou générale figurent aussi sur cette carte. Il est recommandé de l'avoir toujours sur soi.

C'est le médecin de la consultation spécialisée qui vous remet la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires sur laquelle figure des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Veillez à la faire mettre à jour régulièrement par le médecin.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic clinique est basé sur la répartition du déficit musculaire, son évolutivité et le mode de transmission génétique de la maladie.

Il est complété par des examens (prise de sang, scanner ou IRM musculaires, électromyogramme, biopsie musculaire) qui visent à préciser le type d'atteinte des muscles et sa topographie.

  • Le bilan biologique (prise de sang) mesure la concentration sanguine de certaines enzymes musculaires telles que la créatine kinase ou créatine phospho-kinase (CPK).
  • L’observation au microscope d'un fragment de muscle (prélevé par biopsie musculaire) met en évidence la dégénérescence du tissu musculaire mais ne permet pas d’identifier le déficit en lamines. En plus d’un aspect habituel de dystrophie musculaire, les marquages par des anticorps de la dystrophine, des sarcoglycanes, de la dysferline, ou de l’émerine (des protéines impliquées dans d’autres dystrophies musculaires) sont normaux, ce qui permet d'éliminer d'autres pistes diagnostiques.
  • Seule l’analyse directe du gène LMNA permet d’affirmer le diagnostic de laminopathie. Une prise de sang permet, à partir de l'ADN des globules blancs, de procéder à un test génétique pour analyser le gène LMNA.

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS "Maladies" du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

Expliquer les soins à un enfant

Sparadrap est une association qui aide les familles et les professionnels quand un enfant est malade ou hospitalisé. Le site internet de l'association s'adresse à la fois aux enfants, aux parents et aux professionnels de santé, et propose des documents spécifiques à chaque situation.

www.sparadrap.org

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

www.orphanet.fr

Tous à l'école

Destiné aux enseignants, ce site apporte des informations générales sur de nombreuses maladies pour expliquer les conséquences possibles d'une maladie ou d'un handicap sur les apprentissages et proposer des pistes pour aider les enseignants dans leurs démarches pédagogiques et faciliter la scolarité des élèves atteints d'une maladie chronique.

http://www.tousalecole.fr/

Filnemus, la filière de santé pour les maladies neuromusculaires

La filière neuromusculaire Filnemus anime et coordonne les actions entre les acteurs impliqués dans la prise en charge des maladies neuromusculaires. Elle regroupe les centres de référence et de compétence "Maladies neuromusculaires", les structures de soins travaillant avec ces centres, des laboratoires et plateformes de diagnostic, des professionnels et structures des secteurs social et médicosocial, des équipes de recherche fondamentale, clinique et translationnelle, des associations de malades...

http://www.filnemus.fr

Suivre l'actualité sur les myopathies des ceintures dans le monde

Plusieurs associations de malades dans le monde s'intéressent aux myopathies des ceintures. Leurs sites internet présentent de l'information sur ces maladies, leurs traitements et les essais ainsi que les recherches en cours. 

www.muscle.ca : Site internet de l'association Dystrophie musculaire Canada (français et anglais)

www.mda.org : Site internet de la Muscular Dystrophy Association, association américane (en anglais)

www.musculardystrophyuk.org : Site internet de la Muscular Dystrophy UK, association anglaise (en anglais)

Connaître les essais cliniques dans les myopathies des ceintures en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).
www.clinicaltrials.gov

Publié le : 08/06/2016

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien