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Myopathie des ceintures de type 2B

Myopathie des ceintures avec déficit en dysferline (LGMD2B)

Elle se manifeste par une diminution progressive de la force des muscles du bassin et des cuisses (ceinture pelvienne) et des épaules (ceinture scapulaire).

La myopathie des ceintures avec déficit en dysferline ou myopathie des ceintures 2B ou dystrophie musculaire des ceintures 2B, aussi appelée dysferlinopathie ou LGMD 2B est une maladie rare qui touche le muscle.

Elle appartient au groupe des myopathies des ceinturesLimb Girdle Muscular Dystrophy» en anglais ou LGMD).

Elle est particulièrement fréquente dans les populations fortement consanguines (Maghreb, Moyen-Orient et Inde, notamment). Selon les études, elle peut représenter jusqu’à 15% de l’ensemble des cas de dystrophie musculaire des ceintures.

À quoi est-elle due ?

La myopathie des ceintures 2B est une  maladie d'origine génétique. Elle est due à des anomalies dans le gène DYSF, codant la dysferline, d'où le nom de dysferlinopathie pour appeler cette maladie.

Le même gène, DYSF, est impliqué dans une forme de myopathie distale, la myopathie distale de Miyoshi, et des cas d’hyperCKémie (situation où les créatine-kinases sont augmentées de manière isolée).

La dysferline est une protéine localisée dans la membrane de la fibre musculaire. Elle est impliquée dans le bon fonctionnement des cellules musculaires, et notamment dans des processus de réparation de la membrane de la cellule musculaire. 

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures

Où en est la recherche dans les myopathies des ceintures ?

La recherche sur les myopathies des ceintures est particulièrement active que ce soit dans le domaine de la découverte de nouveaux gènes ou celui de l'exploration de pistes thérapeutiques.

En 2014, le congrès international des maladies neuromusculaires (Nice, 5-10 juillet 2014) et le congrès de la World Muscle Society  (Berlin, 7-11 octobre 2014) ont été l'occasion de mettre en avant les progrès réalisés dans la recherche sur les myopathies des ceintures devant plus de 500 scientifiques et cliniciens venus du monde entier à chaque fois.

Cette thématique sera de nouveau abordée au prochain congrès de la World Muscle Society, en octobre 2015 et le congrès Myology 2016, organisé par l'AFM-Téléthon en mars 2016.

Améliorer les connaissances sur les myopathies des ceintures

Depuis la découverte du gène de la calpaïne 3 en 1995, de nouveaux gènes impliqués dans les myopathies des ceintures sont régulièrement découverts. Récemment ce sont les gènes TNPO3 (dans la LGMD1F), DES (dans la LGMD2R), TRAPPC11 (dans la LGMD2S), GMPPB (dans la LGMD2T) qui ont été impliqués en 2013, le gène HNRPDL (dans la LGMD1G) en 2014 et les gènes ISPD (dans la LGMD2U), GAA (dans la LGMD2V) et LIMS2 (dans la LGMD2W) en 2015.

En tout, près de 30 gènes différents ont été identifiés dans les myopathies des ceintures. Les médecins découvrent petit à petit que certains de ces gènes sont aussi impliqués dans d'autres formes de maladies neuromusculaires. C’est le cas notamment dans plusieurs formes de dystrophies musculaires congénitales.

Plusieurs études observationnelles sont en cours pour mieux décrire les différentes formes de myopathies des ceintures : LGMD2A (calpaïnopathie), LGMD2B (dysferlinopathie), LGMD2C et LGMD2D (sarcoglycanopathies), LGMD2I (déficit en FKRP), LGMD2L (anoctaminopathie)… Ces études apportent des données plus spécifiques sur l'évolution de chacune de ces formes de myopathies des ceintures sur lesquelles s’appuyer pour de futurs essais cliniques.

Les pistes thérapeutiques

Les chercheurs explorent plusieurs stratégies afin d'agir sur le mécanisme pathologique à différents niveaux.

  • L'approche pharmacologique vise à soulager certains signes liés à la maladie (par exemple, un essai en cours aux États-Unis évalue l'efficacité du coenzyme Q10 et du lisinopril sur les performances cardiaques chez des personnes atteintes de LGMD2C, LGMD2F et LGMD2I).
  • La thérapie génique consiste à insérer, dans les cellules de la personne malade, un "gène-médicament". Un premier essai de thérapie génique a été conduit aux États-Unis chez 6 enfants atteints d’alpha-sarcoglycanopathie (LGMD2D). Lors de l'essai, les fibres musculaires des enfants traités ont fabriqué de l'alpha-dystroglycane. Un nouvel essai de phase I/II a démarré en février 2015 pour étudier pendant 2 ans les effets du "gène-médicament" en cours de développement. D'autres études sont en cours en laboratoire de recherche sur des modèles expérimentaux.
  • La thérapie cellulaire vise à réparer les muscles atteints avec des cellules souches de la personne malade, préalablement traitées par thérapie génique.

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures

La myopathie des ceintures 2B est une maladie du muscle. Le tissu musculaire se transforme : petit à petit il devient dystrophique (d’où le nom de dystrophie musculaire des ceintures). Progressivement, certains muscles diminuent de volume et s'affaiblissent.

Elle débute habituellement à l’adolescence ou chez l'adulte jeune par une diminution progressive de la force des muscles des cuisses et du bassin (ceinture pelvienne) et des muscles des épaules (ceinture scapulaire).

La faiblesse musculaire des jambes entraîne des difficultés pour courir, monter les escaliers, se relever du sol. Il existe souvent une composante «distale» à l’atteinte des membres inférieurs, avec notamment une atteinte des muscles des mollets.

Aux membres supérieurs, l'atteinte musculaire concerne surtout les biceps.

La myopathie distale de Miyoshi est aussi liée au gène DYSF impliqué dans la myopathie des ceintures 2B. Ces deux formes de myopathie peuvent coexister au sein de la même famille, certaines personnes présentant une myopathie des ceintures 2B (LGMD2B) et d’autres une myopathie distale de type Miyoshi.

Comment la LGMD 2B évolue-t-elle ?

La myopathie des ceintures 2B (ou dystrophie musculaire des ceintures 2B) évolue de façon très variable.

  • Les muscles des épaules sont relativement épargnés : il n'y a pas ou très peu de décollement des omoplates.
  • En revanche, au niveau des jambes, l’atteinte musculaire peut s’étendre à des muscles plus distaux. L'atteinte des muscles des membres inférieurs peut conduire à une perte de la marche chez 10 à 15% des personnes atteintes de LGMD2B.
  • La perte de la force musculaire s'accompagne d'un enraidissement des muscles et des articulations et peut entraîner, en l’absence de prise en charge orthopédique, des déformations articulaires.
  • Une atteinte du muscle cardiaque (cardiomyopathie) et une atteinte respiratoire modérée sont possibles.

Si l’évolution de la myopathie des ceintures 2B est plutôt lente, avec une progression descendante de l’atteinte musculaire, vers les muscles des mollets notamment. La perte de la marche éventuelle se fait au bout d’une quinzaine d’années d’évolution en moyenne, même si chez quelques rares personnes, il ne s’écoule que quelques années entre le début des symptômes et le recours à un fauteuil roulant.

A l’inverse, certaines personnes porteuses d’une authentique anomalie du gène codant la dysferline, ne voient apparaître les premiers symptômes que très tardivement (après l’âge de 60 ou 70 ans), voire pas du tout.

Que peut-on faire ?

La prise en charge vise essentiellement à améliorer le confort de vie des personnes atteintes de myopathie des ceintures 2B et à en prévenir les complications, en particulier au niveau des muscles et des articulations.

  • Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
  • La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce, régulière et adaptée à chaque situation individuelle. Elle permet de lutter contre les conséquences néfastes de la maladie, en maintenant, notamment, la souplesse des articulations.
  • Des aides techniques (canne, téléphone main libre, pince à long manche, support de bras...) aident, le cas échéant, à réaliser les gestes de la vie quotidienne que la gêne musculaire rend difficiles ou impossibles. L’utilisation d’un fauteuil roulant permet de conserver son autonomie de déplacement.
  • Une assistance respiratoire est très exceptionnellement nécessaire.
  • Les traitements anti-inflammatoires, stéroïdiens ou non-stéroïdiens, ne semblent pas efficaces.

C'est une maladie génétique qui se transmet sur le mode autosomique récessif. Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie. 

Un réseau de consultations expert

La prise en charge d'une myopathie des ceintures 2B se conçoit au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires, réunissant les compétences d’un neuropédiatre ou d'un neurologue, d’un médecin de rééducation (MPR), d’un généticien, d’un kinésithérapeute, d’un ergothérapeute, d’un diététicien et d’un psychologue.

Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires

Le port et la présentation de sa Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires aux professionnels médicaux, spécialistes ou non de cette maladie, favorisent la coordination des soins. Cela permet surtout d'éviter des erreurs liées à la méconnaissance des spécificités des maladies neuromusculaires, notamment en situation d'urgence. Les médicaments contre-indiqués et les préconisations pour l'anesthésie locale ou générale figurent aussi sur cette carte. Il est recommandé de l'avoir toujours sur soi.

C'est le médecin de la consultation spécialisée qui vous remet la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires sur laquelle figure des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Veillez à la faire mettre à jour régulièrement par le médecin.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic clinique est basé sur la répartition du déficit musculaire, l’âge d’apparition des premiers symptômes et le mode de transmission génétique de la maladie. Il est complété par des examens (prise de sang, scanner ou IRM musculaires, électromyogramme, biopsie musculaire) qui visent à préciser le type d'atteinte des muscles et sa topographie.

  • Le bilan biologique (prise de sang) permet de mesurer la concentration sanguine de certaines enzymes musculaires telles que la créatine kinase ou créatine phospho-kinase (CPK) qui sont très élevées dans la LGMD 2B (jusqu’à 50 fois la normale).
  • L’électromyogramme révèle une atteinte de type myopathique.
  • L’imagerie musculaire (scanner ou IRM) est un bon élément d’orientation vers le diagnostic de LGMD2B, surtout si elle met en évidence une atteinte des muscles des mollets.
  • L’observation au microscope d’un prélèvement d'un fragment de muscle (prélevé par biopsie musculaire) permet de confirmer le diagnostic. Outre les aspects dystrophiques (zones de nécrose-régénération dans le muscle), on note souvent la présence de cellules inflammatoires. Ces aspects inflammatoires sont parfois si marqués qu’un certain nombre de personnes sont initialement mal diagnostiquées et considérées pendant des années comme atteints de polymyosite (myopathie inflammatoire d’origine auto-immune) et traités comme tels. Le diagnostic repose sur une absence complète ou une réduction très importante du marquage de la dysferline au niveau de la membrane musculaire sur le fragment musculaire étudié.
  • Seule l’analyse génétique mettant en évidence une anomalie dans chacun des deux exemplaires du gène DYSF permet de poser formellement le diagnostic de dysferlinopathie. Une prise de sang permet, à partir de l'ADN des globules blancs, de procéder à un test génétique pour analyser le gène DYSF.
  • On ne connaît pas de mutation du gène DYSF susceptible de donner plutôt un tableau de myopathie des ceinture 2B ou plutôt un tableau de myopathie distale de type Miyoshi.

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS "Maladies" du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

Expliquer les soins à un enfant

Sparadrap est une association qui aide les familles et les professionnels quand un enfant est malade ou hospitalisé. Le site internet de l'association s'adresse à la fois aux enfants, aux parents et aux professionnels de santé, et propose des documents spécifiques à chaque situation.

www.sparadrap.org

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

www.orphanet.fr

Tous à l'école

Destiné aux enseignants, ce site apporte des informations générales sur de nombreuses maladies pour expliquer les conséquences possibles d'une maladie ou d'un handicap sur les apprentissages et proposer des pistes pour aider les enseignants dans leurs démarches pédagogiques et faciliter la scolarité des élèves atteints d'une maladie chronique.

http://www.tousalecole.fr/

Filnemus, la filière de santé pour les maladies neuromusculaires

La filière neuromusculaire Filnemus anime et coordonne les actions entre les acteurs impliqués dans la prise en charge des maladies neuromusculaires. Elle regroupe les centres de référence et de compétence "Maladies neuromusculaires", les structures de soins travaillant avec ces centres, des laboratoires et plateformes de diagnostic, des professionnels et structures des secteurs social et médicosocial, des équipes de recherche fondamentale, clinique et translationnelle, des associations de malades...

http://www.filnemus.fr

Suivre l'actualité sur les myopathies des ceintures dans le monde

Plusieurs associations de malades dans le monde s'intéressent aux myopathies des ceintures. Leurs sites internet présentent de l'information sur ces maladies, leurs traitements et les essais ainsi que les recherches en cours. 

www.muscle.ca : Site internet de l'association Dystrophie musculaire Canada (français et anglais)

www.mda.org : Site internet de la Muscular Dystrophy Association, association américane (en anglais)

www.musculardystrophyuk.org : Site internet de la Muscular Dystrophy UK, association anglaise (en anglais)

www.jain-foundation.org : Site internet de la Jain Foundation, association américaine soutenant la recherche dans les dysferlinopathies (site en anglais)

Connaître les essais cliniques dans les myopathies des ceintures en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).
www.clinicaltrials.gov

Publié le : 08/06/2016

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien