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Myopathie des ceintures de type 2G

Myopathie des ceintures avec déficit en téléthonine (LGMD2G)

Elle se manifeste par une diminution progressive de la force des muscles du bassin et des cuisses (ceinture pelvienne) et des épaules (ceinture scapulaire).

La myopathie des ceintures avec déficit en téléthonine appelée aussi myopathie des ceintures 2Gdystrophie musculaire des ceintures 2G ou LGMD (pour Limb Girdle Muscular Dystrophy) 2G est une maladie rare d'origine génétique qui touche le muscle.

Elle appartient au groupe des myopathies des ceintures (« Limb Girdle Muscular Dystrophy » en anglais ou LGMD).
Elle n'a pour l'instant été décrite que dans quatre familles brésiliennes et jamais en France.

À quoi est-elle due ?

La myopathie des ceintures 2G (ou dystrophie musculaire des ceintures 2G ou LGMD2G) est une maladie d'origine génétique. Elle est due à des anomalies dans le gène TCAP, localisé sur le chromosome 17 et codant la téléthonine.

La téléthonine est une protéine qui intervient au niveau d’un élément clé des cellules musculaires grâce auquel elles se contractent, le sarcomère.

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures

Où en est la recherche dans les myopathies des ceintures ?

La recherche sur les myopathies des ceintures est particulièrement active que ce soit dans le domaine de la découverte de nouveaux gènes ou celui de l'exploration de pistes thérapeutiques.

En 2014, le congrès international des maladies neuromusculaires (Nice, 5-10 juillet 2014) et le congrès de la World Muscle Society  (Berlin, 7-11 octobre 2014) ont été l'occasion de mettre en avant les progrès réalisés dans la recherche sur les myopathies des ceintures devant plus de 500 scientifiques et cliniciens venus du monde entier à chaque fois.

Cette thématique sera de nouveau abordée au prochain congrès de la World Muscle Society, en octobre 2015 et le congrès Myology 2016, organisé par l'AFM-Téléthon en mars 2016.

Améliorer les connaissances sur les myopathies des ceintures

Depuis la découverte du gène de la calpaïne 3 en 1995, de nouveaux gènes impliqués dans les myopathies des ceintures sont régulièrement découverts. Récemment ce sont les gènes TNPO3 (dans la LGMD1F), DES (dans la LGMD2R), TRAPPC11 (dans la LGMD2S), GMPPB (dans la LGMD2T) qui ont été impliqués en 2013, le gène HNRPDL (dans la LGMD1G) en 2014 et les gènes ISPD (dans la LGMD2U), GAA (dans la LGMD2V) et LIMS2 (dans la LGMD2W) en 2015.

En tout, près de 30 gènes différents ont été identifiés dans les myopathies des ceintures. Les médecins découvrent petit à petit que certains de ces gènes sont aussi impliqués dans d'autres formes de maladies neuromusculaires. C’est le cas notamment dans plusieurs formes de dystrophies musculaires congénitales.

Plusieurs études observationnelles sont en cours pour mieux décrire les différentes formes de myopathies des ceintures : LGMD2A (calpaïnopathie), LGMD2B (dysferlinopathie), LGMD2C et LGMD2D (sarcoglycanopathies), LGMD2I (déficit en FKRP), LGMD2L (anoctaminopathie)… Ces études apportent des données plus spécifiques sur l'évolution de chacune de ces formes de myopathies des ceintures sur lesquelles s’appuyer pour de futurs essais cliniques.

Les pistes thérapeutiques

Les chercheurs explorent plusieurs stratégies afin d'agir sur le mécanisme pathologique à différents niveaux.

  • L'approche pharmacologique vise à soulager certains signes liés à la maladie (par exemple, un essai en cours aux États-Unis évalue l'efficacité du coenzyme Q10 et du lisinopril sur les performances cardiaques chez des personnes atteintes de LGMD2C, LGMD2F et LGMD2I).
  • La thérapie génique consiste à insérer, dans les cellules de la personne malade, un "gène-médicament". Un premier essai de thérapie génique a été conduit aux États-Unis chez 6 enfants atteints d’alpha-sarcoglycanopathie (LGMD2D). Lors de l'essai, les fibres musculaires des enfants traités ont fabriqué de l'alpha-dystroglycane. Un nouvel essai de phase I/II a démarré en février 2015 pour étudier pendant 2 ans les effets du "gène-médicament" en cours de développement. D'autres études sont en cours en laboratoire de recherche sur des modèles expérimentaux.
  • La thérapie cellulaire vise à réparer les muscles atteints avec des cellules souches de la personne malade, préalablement traitées par thérapie génique.

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La myopathie des ceintures 2G est une maladie du muscle. Le tissu musculaire se transforme : petit à petit il devient dystrophique (d’où le nom de dystrophie musculaire des ceintures). Progressivement, certains muscles diminuent de volume et s'affaiblissent.

La myopathie des ceintures 2G débute dans l’enfance par une diminution progressive de la force des muscles du bassin (ceinture pelvienne), des muscles des épaules (ceinture scapulaire) et des muscles des jambes. La pointe des pieds à tendance à tomber et à accrocher le sol, obligeant à lever les genoux en marchant et favorisant la survenue de chutes, surtout en terrain inégal.

Une atteinte cardiaque est présente dans plus de la moitié des cas.

Comment évolue-t-elle ?

La LGMD 2G progresse particulièrement vers l'âge de 20 ans. La perte de la marche survient dans la trentaine ou la quarantaine.

La perte de la force musculaire s'accompagne d'un enraidissement des muscles et des articulations et peut entraîner, en l’absence de prise en charge orthopédique, des déformations articulaires.

Que peut-on faire ?

La prise en charge vise essentiellement à améliorer le confort de vie des personnes atteintes de myopathie des ceintures 2G et à en prévenir les complications, en particulier au niveau des muscles et des articulations.

  • Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
  • La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce, régulière et adaptée à chaque situation individuelle. Elle permet de lutter contre les conséquences néfastes de la maladie, en maintenant, notamment, la souplesse des articulations.
  • L'atteinte cardiaque impose une surveillance cardiologique précoce et régulière afin de mettre en route un traitement adapté au cas où des signes cardiaques éventuels sont détectés par les examens médicaux.
  • Des aides techniques (canne, téléphone main libre, pince à long manche, support de bras...) aident, le cas échéant, à réaliser les gestes de la vie quotidienne que la gêne musculaire rend difficiles ou impossibles. L’utilisation d’un fauteuil roulant permet de conserver son autonomie de déplacement.

C'est une maladie génétique qui se transmet sur le mode autosomique récessif. Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie. 

Un réseau de consultations expert

La prise en charge d'une myopathie des ceintures 2G se conçoit au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires, réunissant les compétences d’un neuropédiatre ou d'un neurologue, d’un médecin de rééducation (MPR), d’un généticien, d’un kinésithérapeute, d’un ergothérapeute, d’un diététicien et d’un psychologue.

Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires

Le port et la présentation de sa Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires aux professionnels médicaux, spécialistes ou non de cette maladie, favorisent la coordination des soins. Cela permet surtout d'éviter des erreurs liées à la méconnaissance des spécificités des maladies neuromusculaires, notamment en situation d'urgence. Les médicaments contre-indiqués et les préconisations pour l'anesthésie locale ou générale figurent aussi sur cette carte. Il est recommandé de l'avoir toujours sur soi.

C'est le médecin de la consultation spécialisée qui vous remet la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires sur laquelle figure des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Veillez à la faire mettre à jour régulièrement par le médecin.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic clinique est basé sur la répartition du déficit musculaire, l’âge d’apparition des premiers symptômes et le mode de transmission génétique de la maladie.

Il est complété par des examens (prise de sang, scanner ou IRM musculaire, électromyogramme, biopsie musculaire) qui visent à préciser le type d'atteinte des muscles et sa topographie.

  • Le bilan biologique (prise de sang) permet de mesurer la concentration sanguine en certaines enzymes musculaires telles que la créatine kinase ou créatine phospho-kinase (CPK) élevée au début de la maladie, diminuée ensuite.
  • L’observation au microscope d’un fragment de muscle (prélevé par biopsie musculaire) permet d'étudier la structure particulière du muscle et notamment la présence anormale de vacuoles bordées au sein du tissu musculaire.
  • Une prise de sang permet, à partir de l'ADN des globules blancs, de procéder à un test génétique pour analyser le gène codant la téléthonine.

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS "Maladies" du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

www.orphanet.fr

Tous à l'école

Destiné aux enseignants, ce site apporte des informations générales sur de nombreuses maladies pour expliquer les conséquences possibles d'une maladie ou d'un handicap sur les apprentissages et proposer des pistes pour aider les enseignants dans leurs démarches pédagogiques et faciliter la scolarité des élèves atteints d'une maladie chronique.

http://www.tousalecole.fr/

Filnemus, la filière de santé pour les maladies neuromusculaires

La filière neuromusculaire Filnemus anime et coordonne les actions entre les acteurs impliqués dans la prise en charge des maladies neuromusculaires. Elle regroupe les centres de référence et de compétence "Maladies neuromusculaires", les structures de soins travaillant avec ces centres, des laboratoires et plateformes de diagnostic, des professionnels et structures des secteurs social et médicosocial, des équipes de recherche fondamentale, clinique et translationnelle, des associations de malades...

http://www.filnemus.fr

Suivre l'actualité sur les myopathies des ceintures dans le monde

Plusieurs associations de malades dans le monde s'intéressent aux myopathies des ceintures. Leurs sites internet présentent de l'information sur ces maladies, leurs traitements et les essais ainsi que les recherches en cours. 

www.muscle.ca : Site internet de l'association Dystrophie musculaire Canada (français et anglais)

www.mda.org : Site internet de la Muscular Dystrophy Association, association américane (en anglais)

www.musculardystrophyuk.org : Site internet de la Muscular Dystrophy UK, association anglaise (en anglais)

Connaître les essais cliniques dans les myopathies des ceintures en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).
www.clinicaltrials.gov

Publié le : 08/06/2016

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien