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Myopathie distale de type Nonaka

Une maladie rare d'origine génétique, qui touche le muscle

Elle se manifeste chez l'adulte jeune par une faiblesse des muscles des extrémités des jambes.

La myopathie distale de type Nonaka fait partie du groupe des myopathies distales, ainsi dénommées car elles touchent principalement les extrémités des membres (jambes, pieds, avant-bras, mains). Elle est aussi appelée myopathie distale à vacuoles bordées, DMRV pour distal myopathy with rimmed vacuoles, NM pour Nonaka myopathy ou encore myopathie par déficit en GNE.

La myopathie distale de type Nonaka est une maladie rare (1 cas sur 1 million d'individus). En France, on estime que moins d’une centaine de personnes serait concernée par cette myopathie. En revanche, elle semble plus fréquente au Japon, où elle a été décrite pour la première fois par Nonaka en 1981, en Iran, en Israël et en Californie.

À quoi est-elle due ?

La myopathie de Nonaka est due à des anomalies dans le gène GNE. Ce gène code une enzyme impliquée dans la synthèse de l’acide sialique, molécule qui intervient notamment dans les interactions entre plusieurs cellules.

Une anomalie dans le gène GNE aboutit selon les cas à une absence totale de l'enzyme (activité nulle) ou, plus souvent, à un défaut de fonctionnement de gravité variable (l’enzyme ne remplit plus complètement son rôle). La chaine de production de l’acide sialique est interrompue ou se grippe. On ne sait pas encore comment ce désordre biologique aboutit à la destruction très sélective de certaines fibres musculaires de zones très localisées de la musculature (muscles releveurs des pieds, notamment) tout en en épargnant d'autres comme le muscle quadriceps au niveau de la cuisse.

La mise au point d’une souris modèle de la maladie a permis d’identifier des molécules capables d'augmenter le niveau d'acide sialique. Plusieurs de ces molécules sont à l’étude chez l’homme dans le cadre d’essais cliniques actuellement en cours, y compris en France.

Voir les Avancées dans les myopathies distales

Les anomalies du gène GNE sont aussi responsables des deux autres myopathies, la myopathie à inclusions autosomique récessive (h-IBM-2) et la myopathie héréditaire à inclusions avec épargne des quadriceps ou myopathie avec respect du quadriceps (QSM pour quadriceps sparing myopathy).

Où en est la recherche dans les myopathies distales ?

Des progrès remarquables portant sur la caractérisation des manifestations, les origines génétiques et l'exploration de certaines pistes thérapeutiques ont été obtenus ces dix dernières années dans les myopathies distales.

Plusieurs nouveaux gènes ont été identifiés : le gène TIA1, à l’origine de la myopathie de Welander et découvert au début de l'année 2013 (plus de 50 ans après la description de la maladie par Welander), les gènes ADSSL1 et SQSTM1 en 2015 et le gène HSPB8 en 2016.

Dans les myopathies liées à GNE

Le congrès international Myology 2016 organisé par l’AFM-Téléthon du 14 au 18 mars à Lyon, a été l’occasion pour le Dr I. Nishino (Japon) de faire un point sur les myopathies liées à GNE (myopathie de Nonaka, myopathie à inclusions héréditaire ou h-IBM, myopathie distale à vacuoles bordées, myopathie épargnant le quadriceps).

Trois études cliniques sont actuellement en cours en France dans le but d'améliorer la connaissance et la prise en charge des myopathies liées à GNE. 

  • L’essai UX001-CL301 est un essai de phase III, dont l’objectif est d’étudier le devenir dans l'organisme et d'évaluer la tolérance et la sécurité d’emploi ainsi que l'efficacité de l’acide sialique à libération prolongée par voie orale pendant un an chez 80 personnes adultes atteintes de myopathie GNE. Un essai de phase II de l’acide sialique à libération prolongée, publié en 2016, a montré une augmentation significative de la force des membres supérieurs chez les personnes qui ont reçu le candidat-médicament. 
  • L’étude ClinBio-GNE cherche à identifier les meilleures mesures cliniques et biologiques (Myotools, IRM musculaire, dosages sanguins et urinaires...) et à en suivre l’évolution sur 3 ans, chez 10 personnes, âgées de 18 à 65 ans, atteintes de myopathie GNE.
  • L’étude internationale prospective de l’histoire naturelle GNEM-DMP a pour but de caractériser l’évolution clinique sur 3 ans de la force musculaire et de la fonction motrice chez 200 personnes âgées de 18 à 65 ans, atteintes de myopathie GNE.

Dans les dysferlinopathies

Les dysferlinopathies, dont fait partie la myopathie de Miyoshi, sont un sujet particulièrement d'actualité en myologie.

  • Les résultats d'une étude internationale sur l’évolution clinique des dysferlinopathies ont été publiés en août 2016. Cette étude s'est déroulée dans plusieurs pays dont la France (Marseille, Paris), pendant 3 ans. Elle avait pour but de mieux caractériser la progression de la dysferlinopathie, d'identifier des marqueurs de la maladie, des outils de mesure et des tests appropriés à analyser lors d’un futur essai clinique. Près de 200 patients ont été inclus.
  • Un essai de thérapie génique a démarré aux États-Unis en mars 2016 pour évaluer la sécurité d’utilisation et la tolérance d’un produit de thérapie génique délivré par voie intramusculaire chez 6 enfants.

La myopathie distale de type Nonaka commence à se manifester chez l'adulte jeune par une faiblesse des muscles de la loge antérieure de la jambe (muscle jambier antérieur) : les pieds ''tombent''. Lors de la marche, la chute des pieds obligent à lever plus haut les genoux, comme si on montait un escalier (steppage).

Comment évolue-t-elle ?

Habituellement, l'affection évolue lentement. Si elle épargne le muscle quadriceps au niveau de la cuisse, la faiblesse musculaire peut atteindre les muscles du bassin et des fesses (muscles de la ceinture pelvienne), entraînant à terme une incapacité à marcher (après 10 à 25 ans d’évolution en moyenne) et, dans certains cas, les muscles des mains et poignets. Les muscles des épaules sont le plus souvent épargnés. Il n’y a généralement ni atteinte cardiaque ou respiratoire, ni atteinte des muscles des yeux ou de la gorge.

Que peut-on faire ?

La prise en charge médicale vise essentiellement à prévenir les complications, la plupart conséquences à l'atteinte musculaire. Elle améliore le confort de vie des personnes atteintes de la myopathie distale de Nonaka.

  • La prise en charge orthopédique entretient la souplesse des muscles et des articulations. Elle comprend la kinésithérapie et plus rarement l’appareillage (releveur de pied).
  • Des aides techniques permettent le cas échéant de réaliser les gestes de la vie quotidienne que la faiblesse musculaire rend pénibles ou impossibles (canne, scooter ou fauteuil roulant, téléphone main libre, support de bras...).
  • Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie.

Un réseau de consultations expert

La prise en charge de la myopathie distale de Nonaka se conçoit au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires, réunissant les compétences d’un neurologue, d’un médecin de rééducation (MPR), d’un généticien, d’un kinésithérapeute, d’un ergothérapeute, d’un diététicien, et d’un psychologue.

C'est le médecin de la consultation spécialisée qui vous remet la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires sur laquelle figure des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Veillez à la faire mettre à jour régulièrement par le médecin.

Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires

Le port et la présentation de sa Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires aux professionnels médicaux, spécialistes ou non de cette maladie, favorisent la coordination des soins. Cela permet surtout d'éviter des erreurs liées à la méconnaissance des spécificités des maladies neuromusculaires, notamment en situation d'urgence. Les médicaments contre-indiqués et les préconisations pour l'anesthésie locale ou générale figurent aussi sur cette carte. Il est recommandé de l'avoir toujours sur soi.

Comment le diagnostic est-il fait ?

Le diagnostic clinique des myopathies distales est basé sur la localisation du déficit musculaire, son évolutivité et l'étude du mode de transmission génétique (enquête familiale). L'examen clinique est complété par des examens dits "complémentaires" (prise de sang, scanner ou IRM musculaires, électromyogramme, biopsie musculaire) qui visent à préciser l'atteinte des muscles et sa topographie.

  • La prise de sang permet de mesurer la concentration sanguine en certaines enzymes musculaires telles que les CPK : leur taux est normal ou peu élevé dans la myopathie de Nonaka.
  • L'imagerie par résonance magnétique (IRM) ou le scanner musculaire met en évidence une atteinte sélective qui prédomine très nettement au niveau des muscles de la loge antéro-externe de la jambe et dans une moindre mesure, fonction de l’évolution de la maladie, au niveau des muscles de la partie postérieure de la cuisse (muscles ischio-jambiers), tout en respectant le quadriceps.
  • La biopsie musculaire révèle la présence caractéristique mais non spécifique de vacuoles bordées ; celles-ci contiennent de tout petits filaments, d'où le nom de myopathie à inclusions.
  • La découverte d'une anomalie dans le gène GNE permet, grâce à des tests génétiques, de confirmer le diagnostic.

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS "Maladies" du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

Expliquer les soins à un enfant

Sparadrap est une association qui aide les familles et les professionnels quand un enfant est malade ou hospitalisé. Le site internet de l'association s'adresse à la fois aux enfants, aux parents et aux professionnels de santé, et propose des documents spécifiques à chaque situation.

www.sparadrap.org

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

www.orphanet.fr

Tous à l'école

Destiné aux enseignants, ce site apporte des informations générales sur de nombreuses maladies pour expliquer les conséquences possibles d'une maladie ou d'un handicap sur les apprentissages et proposer des pistes pour aider les enseignants dans leurs démarches pédagogiques et faciliter la scolarité des élèves atteints d'une maladie chronique.

http://www.tousalecole.fr/

Filnemus, la filière de santé pour les maladies neuromusculaires

La filière neuromusculaire Filnemus anime et coordonne les actions entre les acteurs impliqués dans la prise en charge des maladies neuromusculaires. Elle regroupe les centres de référence et de compétence "Maladies neuromusculaires", les structures de soins travaillant avec ces centres, des laboratoires et plateformes de diagnostic, des professionnels et structures des secteurs social et médicosocial, des équipes de recherche fondamentale, clinique et translationnelle, des associations de malades...

http://www.filnemus.fr

Suivre l'actualité sur les myopathies distales dans le monde

Plusieurs associations de malades dans le monde s'intéressent aux myopathies distales. Leurs sites internet présentent de l'information sur ces maladies, leurs traitements et les essais ainsi que les recherches en cours. 

www.muscle.ca : Site internet de l'association Dystrophie musculaire Canada (français et anglais)

www.mda.org : Site internet de la Muscular Dystrophy Association, association américane (en anglais)

www.musculardystrophyuk.org : Site internet de la Muscular Dystrophy UK, association anglaise (en anglais)

Connaître les essais cliniques en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).
www.clinicaltrials.gov

Publié le : 02/02/2016

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien