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Publié le : 20/03/2020

Covid-19 : rester confinés sans (trop) stresser

Comment alléger les effets psychologiques d’un confinement strict à la maison ? Les conseils de Claire-Cécile Michon, psychologue-conseil à l’AFM-Téléthon.

Rester cloitré à domicile en contexte d’épidémie de coronavirus entraine une souffrance psychologique plus ou moins intense chez près de 35% de la population, selon une étude menée dans six provinces chinoises auprès de plus de 52 000 participants. Les plus impactés sont les 18-30 ans, les plus de 60 ans et les femmes.

Mieux comprendre la mécanique psychologique

« Le confinement impose une perte des repères habituels, explique Claire-Cécile Michon. Il peut provoquer de l’ennui lié à la monotonie des journées, un sentiment d’isolement, du stress, de l’anxiété pour soi et pour ses proches. Ses effets négatifs sont parfois majorés, dans le contexte d’une maladie neuromusculaire, par la peur de développer une forme grave d’infection au Covid-19, ou de ne pas avoir accès à un médecin, si besoin ». Ce climat très particulier ne manque de faire naitre, chez certains, une foule de questions... elles-mêmes anxiogènes. Ai-je été exposé au virus avant l’entrée en vigueur du confinement ? Quelqu’un pourrait-il me contaminer ou contaminer mes proches ?  Ce symptôme physique banal d’habitude, l’est-il vraiment aujourd’hui ?...
« Un enfant perçoit l’inquiétude de ses parents. Il peut se sentir en danger ou stressé, et le manifester par des cauchemars, un retour du pipi au lit, un mal de ventre, de l’énervement ou une irritabilité ». À tout âge, la surexposition aux médias amplifie les effets psychologiques du confinement. « Regarder ou écouter les infos tout au long de la journée peut donner l’impression de garder un lien avec l’extérieur. En fait, on se nourrit ainsi des angoisses des autres ! »

Reprendre la main sur son quotidien

Pour alléger le climat ambiant, Claire-Cécile Michon propose une stratégie active.

  • Se créer de nouveaux repères et rythmer ses journées. Se lever à heure régulière le matin, se laver, s’habiller, instaurer des horaires pour différentes activités. C’est particulièrement important quand la maison compte des enfants, avec qui élaborer un véritable planning.
  • Consacrer un temps raisonnable aux médias, par exemple une fois par jour, pendant 15 mn à une demi-heure.
  • Prendre le temps de parler avec ses enfants de l’épidémie, les laisser exprimer leurs inquiétudes éventuelles, répondre à leurs questions de manière simple. Les rassurer sur le fait qu’ils sont désormais en sécurité. Leur dire aussi qu’il est normal d’avoir peur ou d’être un peu énervé. Et trouver des solutions ensemble. Qu’est-ce qui pourrait les apaiser ? De quoi ont-ils besoin et envie ? Les parents peuvent aussi partager avec l’enfant leurs propres stratégies d’apaisement.
  • Si le venue au domicile des aidants professionnels représente un facteur de stress, par crainte d’une contamination, ne pas hésiter à aborder le sujet avec eux et à leur poser des questions. Comment vivent-ils la situation actuelle ? Sont-ils conscients des risques ? Sont-ils au clair avec les gestes barrière ? Dialoguer apaise.
  • Maintenir le lien avec le monde en général, et avec ses proches en particulier. Le téléphone, les e-mails, les groupes de partage (sur WhatsApp, Facebook, Instagram, Twitter...) sont autant de moyens d’échanger des nouvelles, mais aussi des vidéos, des photos, des pensées, au mieux positives et créatives.
  • Ne pas hésiter à poser ses questions, à faire part de ses inquiétudes et à demander du soutien aux équipes de l’AFM-Téléthon : ligne Accueil familles (0 800 35 36 37), délégation en région, référent parcours santé (RPS), groupe d’intérêt.
  • Bien se souvenir que le confinement permet de se protéger soi-même, mais aussi de protéger les autres. C’est un acte altruiste !


« Trouver un nouveau rythme, mettre un peu de couleurs et beaucoup de rires dans la maison ! »

 

Source
A nationwide survey of psychological distress among Chinese people in the COVID-19 epidemic: implications and policy recommendations.
Qiu J, Shen B, Zhao M, et al.
General Psychiatry 2020 March.

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