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Publié le : 30/04/2019

Myosites : une nouvelle classification pas meilleure que l’ancienne ?

Selon une étude récente, les critères diagnostiques des myosites publiés en 2017 ne seraient pas supérieurs à ceux qui font référence depuis 1975.

Poser avec certitude le diagnostic de myosite s’avère essentiel car des traitements efficaces sont disponibles. Pour ce faire, les médecins s’appuient sur un ensemble de critères : âge de début, manifestations de la maladie, analyse de la biopsie musculaire, taux de créatine kinase, auto-anticorps...
À partir de ces critères, différentes classifications les aident à décider s’il s’agit ou pas d’une myosite, et quel est son type (dermatomyosite, polymyosite…). La classification la plus ancienne, qui fait encore référence, a été publiée en 1975 par Anthony Peter et James Bohan. Une classification plus récente (fin 2017) émane d’un groupe international d’experts. Elle est dite classification « EULAR/ACR », pour European League Against Rheumatism et American College of Rheumatology, les deux sociétés savantes sous l’égide desquelles elle a été élaborée.

Un match très disputé

Une équipe de chercheurs indiens a comparé la pertinence de ces deux outils sur un groupe de 111 personnes diagnostiquées au cours des dix dernières années par un centre spécialisé comme atteintes d’une myosite, suivies au moins six mois et ayant une bonne réponse aux traitements habituels.
Les critères de Peter et Bohan ont permis d’attribuer un diagnostic de myosite « probable » ou « certaine » à 83,8% d’entre eux, et les critères EULAR/ACR 2017 à 80,2% d’entre eux. Lorsque les résultats complets de la biopsie musculaire étaient disponibles, les critères de Peter et Bohan ont fait mieux (96% de diagnostic positif) que ceux de l’EULAR/ACR 2017 (80,8% seulement). En l’absence de biopsie musculaire, les deux classifications ont eu des performances comparables.
Pour le diagnostic de dermatomyosite ou de dermatomyosite juvénile, les critères de Peter et Bohan ont été plus performants que ceux l’EULAR/ACR 2017 : 98,2% versus 92,9% pour la première et 100% contre 90% pour la seconde.

Une autre façon de voir les choses

Reste que ces deux classifications n’intègrent pas ou très peu un paramètre à l’importance croissante : les auto-anticorps produit par l’organisme contre ses propres constituants chez 60 à 80% des personnes atteintes d’une myosite. Ces autoanticorps sont absents des critères, trop anciens, de Peter et Bohan. Quant aux critères EULAR/ACR 2017, ils n’intègrent qu’un seul autoanticorps sur la trentaine identifiés actuellement. Fin 2018, une équipe de l’Institut de myologie a d’ailleurs proposé une nouvelle classification, qui s’appuie sur l’ensemble des auto-anticorps spécifiques des myosites connus à ce jour.

 

Source

Comparison of the 2017 EULAR/ACR criteria with Bohan and Peter criteria for the classification of idiopathic inflammatory myopathies.
Pinto B, Janardana R, Nadig R, Mahadevan A, Bhatt AS, Raj JM, Shobha V.
Clin Rheumatol. 2019 Mar 22.

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