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Vaccination : le bon réflexe !

Se faire vacciner est un geste préventif

La vaccination aide à se protéger des infections et de leurs complications : c'est une action indispensable dans les maladies neuromusculaires.

Les maladies infectieuses sont provoquées par différents microbes (agents infectieux) dont font partie les virus et les bactéries. Elles se transmettent d’une personne à l’autre plus ou moins facilement, provoquant des épidémies.

Certaines maladies infectieuses peuvent entrainer de graves complications, avec un risque vital, en particulier pour les gens déjà fragilisés par leur propre situation de santé. La grippe saisonnière due à un virus peut par exemple se compliquer d'une infection bactérienne respiratoire grave (pneumonie) ; la rougeole due également à un virus peut se compliquer d'une infection bactérienne cérébrale (encéphalite)…

La vaccination : un geste préventif indispensable

Pour lutter contre les maladies infectieuses les plus à risque, des vaccins ont été développés.

La vaccination utilise les propriétés de notre système immunitaire, dont le rôle est de défendre notre organisme contre les intrus qu'il rencontre au cours de la vie et de mémoriser leurs caractéristiques pour les éliminer lors d'un contact ultérieur.

La vaccination consiste, via le vaccin, à mettre en contact une première fois l’organisme avec le microbe (ou une partie de celui-ci) rendu inoffensif. Le système immunitaire réagit en développant des défenses immunitaires ciblées (cellules immunitaires, anticorps) contre ce microbe. Ces défenses restent en veille dans l'organisme : si le microbe attaque, elles se réactivent très rapidement pour l'éliminer avant qu’il n’ait pu se développer.

Plus d’une vingtaine de maladies infectieuses disposent actuellement d’un vaccin : on parle de maladies à prévention vaccinale. Pour chaque vaccin, des recommandations du Ministère de la santé précisent qui doit être vacciné (toute la population, certaines personnes plus à risque que d’autres…) et comment (quand le faire, nombre d'injections, rappels). Ces informations sont à disposition des médecins traitants afin qu'ils puissent conseiller leurs patients.

En savoir plus sur le principe de la vaccination par Santé Publique France

Être protégé lorsque l’on est atteint d’une maladie neuromusculaire

Les vaccins sont utiles pour chacun d'entre nous mais plus encore pour les personnes les plus exposées au risque infectieux : les bébés dont les défenses immunitaires sont encore jeunes, les personnes âgées dont le système immunitaire n’est plus aussi efficace, les personnes atteintes d’une maladie chronique comme une maladie neuromusculaire, les personnes immunodéprimées…

Les risques dans les maladies neuromusculaires

  • Le risque le plus important est la surinfection respiratoire. Elle peut provoquer un encombrement bronchique plus difficile à combattre lorsqu’il y a une atteinte des muscles respiratoires. Car les capacités de toux et le drainage bronchique naturels sont insuffisants pour bien dégager les bronches. Les poumons encombrés de sécrétions n'assurent plus une bonne oxygénation, ce qui augmente fortement le risque de problème respiratoire aigu avec hospitalisation. Afin d’éviter les complications respiratoires, le vaccin contre la grippe et celui contre le pneumocoque C sont donc fortement recommandés.
  • Une atteinte cardiaque dans certaines maladies neuromusculaires peut affaiblir l’organisme et diminuer ses capacités à faire face à une infection.
  • Lorsqu’un traitement immunosuppresseur est en cours, l’organisme pourra avoir plus de mal à lutter contre les infections.

Moi et mes proches

Se faire vacciner, c’est se protéger soi-même et c’est aussi protéger les autres. Car l’immunité acquise limite la circulation du microbe dans l’environnement.
Dans une population, plus il y a de personnes immunisées contre une maladie infectieuse, plus sa propagation y est limitée et plus on est protégé. Les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées sont alors protégées grâce aux autres.

  • Si je suis atteint(e) d’une maladie neuromusculaire : je me fais vacciner !
  • Si je suis un proche d’une personne atteinte d’une maladie neuromusculaire : je me fais vacciner !

Quels vaccins dans les maladies neuromusculaires ?

Vaccins obligatoires (comme dans la population générale)
• « Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite » : vaccin combiné (DTPolio) obligatoire pour tous en France métropolitaine et dans les DOM-TOM, dès l’âge de 2 mois. Des rappels sont nécessaires.
Fièvre jaune : obligatoire pour les personnes vivant en Guyane, celles se rendant Guyane, en Afrique et en Amérique du sud (zones à risque). Pas besoin de rappel : la protection dure toute la vie.
Vaccins fortement recommandés
Grippe saisonnière : à effectuer tous les ans à l'automne.
Pneumocoque : à effectuer tous les 5 ans.
Ces deux maladies sont associées à un risque important de complications respiratoires.
Autres vaccins recommandés
(en raison des complications respiratoires, cérébrales, sanguines… possibles des maladies visées)
Coqueluche et Haemophilus influenzae de type B (combinaison possible avec le DTPolio). Dès l’âge de 2 mois.
Tuberculose (BCG) : dès la naissance et jusqu'à 15 ans dans les régions à risque tuberculose - Ile de France et Guyane - et chez certains enfants exposés à un risque élevé de tuberculose (venant de zones endémiques, vivant avec des parents touchés…).
• « Rougeole, Oreillons, Rubéole »  (ROR) : dès l’âge de 12 mois.
D’autres vaccins comme ceux contre le méningocoque C, ou l’hépatite B… peuvent aussi être effectués.

Le calendrier vaccinal simplifié 2016/2017

Précautions vaccinales dans les maladies neuromusculaires

  • Précautions dans la myasthénie auto-immune

La myasthénie est une maladie auto-immune, c’est-à-dire que le système immunitaire se trompe de cible et attaque, en plus des intrus, des composants propres à l’individu.
La vaccination n'y est pas contre-indiquée mais il faut se faire vacciner en dehors des périodes de poussée de la maladie.

Pensez à demander à votre médecin quels sont les vaccins à effectuer dans votre maladie et quand les effectuer, afin d’anticiper.

  • Précautions en cas de traitement immunosuppresseur

Les traitements immunosuppresseurs utilisés dans la myasthénie auto-immune et dans les maladies inflammatoires du muscle (Cortancyl®, Solupred®, Imurel® (azathioprine), Cellcept® (mycophénolate mofétil)…) diminuent l’activité du système immunitaire.
L’administration de vaccin vivant atténué (fièvre jaune, ROR, grippe par voie nasale) est contre-indiquée durant un traitement immunosuppresseur. Le risque est de développer une maladie vaccinale.
Il est possible d'adapter le schéma vaccinal (façon dont chaque vaccin doit être administré : âge et nombre d’injections successives pour la 1ère administration, dates des rappels vaccinaux, conduite à tenir en cas d'oubli des rappels…), en particulier pour les vaccins obligatoires comme la fièvre jaune ou ceux recommandés dans les maladies neuromusculaires, comme le vaccin contre le pneumocoque et celui contre la grippe.

Pensez à mettre à jour vos vaccins avant de commencer un traitement immunosuppresseur : parlez-en avec votre médecin.

  • Précautions en cas de traitement d'immunoglobulines ou d'immunomodulateurs

Les immunoglobulines sont des préparations à base d'anticorps (comme le Rituximab® …) utilisés dans la myasthénie auto-immune et dans les maladies inflammatoires du muscle pour moduler le système immunitaire trop actif.
Un délai est à respecter entre l’administration d’un vaccin vivant atténué et celle d’immunoglobulines, car celles-ci pourraient rendre le vaccin inefficace.
- Si le vaccin est administré avant les immunoglobulines, il faut attendre 2 mois avant d'administrer les immunoglobulines.
- Si des immunoglobulines sont prescrites, il faut attendre de 3 à 11 mois avant d'effectuer une vaccination.
Pensez à mettre à jour vos vaccins avant tout traitement à base d’immunoglobulines ou d'immunomodulateurs : parlez-en avec votre médecin.

Deux grandes catégories de vaccins

• Les vaccins vivants atténués
Ils contiennent des microbes entiers (virus, bactérie, agent pathogène…) inactivés par traitement, mais pas tués.
Exemples : vaccin contre la poliomyélite, le vaccin « rougeole, oreillons, rubéole » (ROR), celui contre la varicelle ou la fièvre jaune… ou encore le vaccin contre la tuberculose (BCG).
Avantage : ils permettent d’obtenir une bonne protection immunitaire.
Inconvénient : ils sont contre-indiqués chez les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies et celles qui suivent un traitement immunosuppresseur, car ils peuvent provoquer l’infection que le vaccin cherche à prévenir (« maladie vaccinale »).
• Les vaccins inactivés
Ils contiennent une préparation du microbe totalement inactivé, comme par exemple :
- le microbe entier inactivé (vaccin contre la polio ou l’hépatite A) ou la toxine bactérienne inactivée (diphtérie, tétanos…) ;
- des fragments purifiés du microbe (coqueluche acellulaire, grippe saisonnière…) ;
- une protéine du microbe fabriquée par génie génétique (hépatite B…)…
Avantage : mieux tolérés, ils ne risquent pas de provoquer une maladie vaccinale.
Inconvénient : la réponse immunitaire au vaccin est plus ciblée, mais souvent moins bonne que pour les vaccins atténués ; des doses plus élevées et des injections de rappel sont nécessaires pour une immunité durable.

 

Quand se faire vacciner ?

Dans les maladies neuromusculaires, le meilleur moment pour se faire vacciner est déterminé par le calendrier vaccinal et par votre état de santé. Anticiper est parfois nécessaire.

Le calendrier vaccinal donne les âges et périodes auxquels les vaccins doivent être faits. Le médecin qui réalise le suivi médical à la consultation pluridisciplinaire ou le médecin traitant vous en informe. Il est important de parler avec lui de l’intérêt des vaccins, de ceux qui sont utiles dans votre situation et des précautions à prendre.
Il est contre-indiqué de se faire vacciner lorsque l'état de santé est précaire, lorsque l'on a de la fièvre, une infection, ou lorsque la maladie est active, comme en période de poussée dans les maladies inflammatoires (myosites, polymyosites…) ou dans la myasthénie auto-immune.

Chacun connait suffisamment bien l'histoire de sa maladie et sait comment il se sent pour pouvoir décider quand une vaccination est possible et quand elle ne l'est pas.

Faire le point régulièrement avec votre médecin permet de savoir où vous en êtes avec vos vaccins pour pouvoir anticiper afin de se faire vacciner dans de bonnes conditions. Pensez à en parler avec le médecin de votre consultation plusridisciplinaire neuromusculaire.

Pour aller plus loin

Plusieurs sites internet édités par des organismes de santé ou de recherche vous permettront d'en savoir plus sur le principe de la vaccination, les maladies à prévention vaccinale et quand se faire vacciner.

  • Espace vaccination sur le site Santé Publique France. Santé Publique France est un organisme qui regroupe l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus).
Publié le : 21/03/2017

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien

 

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