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Myopathie mitochondriale

Des maladies rares d'origine génétique qui touchent les mitochondries

Les muscles sont plus particulièrement affectés. La gravité de ces maladies est très variable selon les individus.

Les myopathies mitochondriales représentent un ensemble de maladies qui diffèrent, parfois beaucoup, les unes des autres. Elles comprennent notamment le syndrome de MELAS (Mitochondrial Encephalopathy Lactic Acidosis Stroke-like), le syndrome de MERRF (Myoclonic Epilepsy Ragged Red Fibers), le syndrome de Kearns-Sayre, l'ophtalmoplégie progressive, la myopathie oculaire…

À quoi sont-elles dues ?

Les différentes myopathies mitochondriales sont toutes des maladies d’origine génétique, au cours desquelles des anomalies de l'ADN perturbent le bon fonctionnement de la chaine respiratoire des mitochondries entrainant un défaut de production d‘énergie.

Qu'est-ce qu'une mitochondrie ?
Une mitochondrie est élément situé à l’intérieur de la cellule et qui produit l’énergie nécessaire aux activités cellulaires, comme la contraction pour une cellule musculaire. L’énergie utilisée par la cellule est produite à partir des nutriments. La dernière étape de ce processus se situe au niveau de la chaîne respiratoire de la mitochondrie, qui est constituée par plus de 100 protéines différentes, organisées en 5 grands complexes enzymatiques.
Chaque cellule de l'organisme (à l’exception des globules rouges) peut contenir, selon ses besoins énergétiques, de plusieurs centaines jusqu’à près d’un million de mitochondries. Une fibre musculaire, très demandeuse en énergie, contient plusieurs milliers de mitochondries.
Lorsque les mitochondries d'une cellule sont déficitaires, celle-ci n'a plus assez d'énergie pour fonctionner correctement.
Les mitochondries anormales peuvent se trouver dans n'importe quelle cellule de l'organisme : n'importe quel organe peut donc être touché par une maladie mitochondriale (cytopathie mitochondriale, ou mitochondriopathie).


Les myopathies mitochondriales sont des cytopathies mitochondriales qui touchent plus particulièrement les muscles.

La génétique de ces maladies, très complexe, est de mieux en mieux comprise par les chercheurs qui les étudient. De très nombreux gènes sont impliqués dans les myopathies mitochondriales puisque chaque gène codant un élément de la chaîne respiratoire ou une protéine interagissant avec l'un de ces éléments peut être touché.

Ces gènes sont pour la plupart localisés au niveau des chromosomes, plus rarement au niveau de l'ADN mitochondrial. Une anomalie au niveau d'un de ces gènes peut être transmise à la descendance, et plusieurs modes de transmission génétiques  sont possibles. Seules les anomalies de l'ADN mitochondrial ont une transmission dite « mitochondriale »  (ou maternelle).

Voir le Zoom sur la recherche dans les myopathies mitochondriales

Comment la recherche est-elle organisée ?

Créé en 2006, le réseau MeetOchondrie a rassemblé en France pendant près de dix ans tous les acteurs de la recherche fondamentale, clinique ou appliquée dans le domaine de la mitochondrie. Il avait pour objectifs la formation des jeunes chercheurs et médecins, ainsi que le renforcement des interactions entre chercheurs, cliniciens, associations de patients et industries pharmaceutiques. Ce réseau a été institutionnellement soutenu par le CNRS sous la forme d'un Groupement de Recherche (GDR) jusqu’à fin 2015. Il a organisé régulièrement des colloques scientifiques. Le 8ème colloque du réseau MeetOchondrie s’est déroulé du 10 au 13 mai 2015 à Guidel-Plages (Morbihan).
Ses principaux animateurs ont ensuite souhaité pérenniser sa dynamique en créant l’association Réseau MeetOchondrie, en novembre 2015, autour des mêmes objectifs. Elle a organisé sa première journée scientifique le 11 octobre 2016. L’association continue également à proposer des ateliers pour les chercheurs souhaitant s'initier et acquérir des compétences de base dans un domaine utile à la compréhension et à l’étude des mitochondries. Le 6ème Atelier de Réseau MeetOchondrie consacré à « La génétique mitochondriale dans tous ses états » aura lieu du 8 au 10 mars 2017 à Angers

Lors du congrès international Myology 2016, organisé par l’AFM-Téléthon du 14 au 18 mars 2016 à Lyon, un symposium a été dédié à la mitochondrie. Il a permis de faire un point sur les avancées de la recherche, en particulier sur les mécanismes impliqués dans les maladies mitochondriales.

Les myopathies mitochondriales peuvent se manifester à tout âge, de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte. Elles s’expriment de façon très variable selon leur type, mais aussi d’une personne à l’autre, y compris quelquefois au sein d’une même famille.

Dans une myopathie mitochondriale, l’atteinte des muscles se manifeste par une faiblesse musculaire, une intolérance à l’effort et/ou des douleurs. Des difficultés à bouger les yeux (opthalmoplégie) et une chute des paupières (ptosis) sont également possibles.
D’autres organes sont aussi souvent touchés, notamment ceux qui ont également des besoins en énergie importants comme le cerveau (encéphalopathie) et le cœur (cardiomyopathie, troubles de la conduction), mais aussi les yeux (atteinte de la rétine, atrophie du nerf optique), les oreilles (surdité), les reins, le foie ou encore l’appareil digestif (difficultés à avaler, diarrhée ou constipation...).

  •  Une personne atteinte du syndrome de MELAS peut présenter, outre l’atteinte musculaire, des épisodes semblables à des accidents vasculaires cérébraux (maux de tête, vomissement, déficit visuel ou de la force musculaire d’un côté…), une cardiomyopathie, une surdité, un diabète et des troubles de l'apprentissage, de la mémoire ou de l'attention.
  •  Le syndrome de MERRF se caractérise par une atteinte musculaire associée à une épilepsie s’accompagnant parfois d’une surdité et d’une baisse de la vue (atrophie du nerf optique).
  • Dans le syndrome de Kearns-Sayre, à côté de la faiblesse musculaire, il peut exister une atteinte de la rétine, une paralysie des globes oculaires (ophtalmoplégie), des paupières qui ont tendance à se fermer (ptosis), une atteinte cardiaque, des troubles du transit intestinal ou un diabète.

Comment évoluent-elles ?

L’évolution des myopathies mitochondriales est très variable d'une forme à l'autre, et d’une personne à l’autre pour une forme donnée.
Chez le nourrisson, il existe à la fois des formes graves et des formes de meilleur pronostic. Ainsi, il existe de très rares cas de myopathie mitochondriale dite « bénigne du nourrisson » qui guérit de façon spontanée.

Hors ce cas particulier, la plupart des myopathies mitochondriales sont lentement évolutives. En l’absence de prise en charge adaptée, l’atteinte des muscles peut conduire à des complications orthopédiques (rétractions musculo-tendineuses, limitation de l’amplitude articulaire…) et respiratoires.

De nombreuses myopathies mitochondriales se caractérisent par des périodes d’exacerbation, souvent provoquées par un effort plus important que d’habitude, une fièvre ou un stress.

Comment sont-elles diagnostiquées ?

La grande diversité des symptômes rend souvent le diagnostic difficile, et peut de ce fait le retarder.
Les symptômes (et notamment l’association d’une atteinte des muscles à celle d’autres organes), l’examen clinique, l’électromyogramme et la biopsie musculaire permettent au médecin d’évoquer le diagnostic de myopathie mitochondriale. Un bilan plus général (cœur, yeux, cerveau…) fournit des arguments en faveur d’une maladie des mitochondries et peut aider à préciser son type.
Des analyses spécialisées (études de la chaîne respiratoire, épreuve d’effort…) y contribuent également. Néanmoins, seules les études génétiques, à partir d’une prise de sang ou d’un prélèvement de muscle, permettent de poser le diagnostic avec certitude.

Le nombre de gènes impliqués dans les myopathies mitochondriales étant très important, il n’est pas toujours possible de retrouver l’anomalie génétique responsable de la maladie, même lorsque les symptômes sont très évocateurs.

Que peut-on faire ?

La prise en charge est adaptée au cas par cas, en fonction de la myopathie mitochondriale en cause et de ses manifestations :

  •  la rééducation, la balnéothérapie et les massages, pour entretenir les muscles.
  • la kinésithérapie, le port d’attelles et parfois la chirurgie, pour limiter les rétractions musculaires et maintenir la souplesse des articulations. 
  • des séances de kinésithérapie respiratoire, parfois une ventilation non invasive nocturne, en cas d’atteinte respiratoire.
  • un traitement par coenzyme Q10 est parfois proposé (en cas de déficit en CoQ10) et peut s’avérer efficace.
  • une prise en charge spécifique des atteintes associées : médicaments pour traiter les crises d’épilepsie ou le diabète, médicaments et/ou pacemaker pour les manifestations cardiaques, appareil auditif pour une surdité, lunettes spéciales ou chirurgie pour la chute des paupières…
  • le conseil génétique, pour informer et accompagner une personne ou une famille confrontée au risque de développer ou de transmettre la maladie.

Un réseau expert de consultations dans toute la France

La prise en charge  d’une personne atteinte de myopathie mitochondriale nécessite le concours de plusieurs intervenants, idéalement dans une même structure qui regroupe différentes spécialités médicales ou paramédicales (neurologue, médecin de rééducation, généticien, ophtalmologiste, kinésithérapeute…)  et qui travaillent en collaboration avec les autres professionnels de santé (gynéco-obstétricien, endocrinologue, diabétologue, interniste...).

Les consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires répondent à cette exigence. Elles sont structurées en une filière de santé des maladies rares neuromusculaires (FILNEMUS). Réparties sur tout le territoire, ces consultations peuvent assurer le diagnostic d’une myopathie mitochondriale, la prise en charge et le suivi dans la durée à proximité du domicile des personnes atteintes.

Deux Centres de référence nationaux

Spécialisés dans les maladies mitochondriales, ces centres qui appartiennent au réseau FILNEMUS assurent également une prise en charge de proximité. Ils travaillent en collaboration avec les consultations pluridisciplinaires, auxquelles ils apportent si besoin un appui à l’étape du diagnostic, du conseil génétique et du traitement.
 De plus, les centres de référence développent et participent à des programmes de recherche. Ils assurent enfin des missions d’information et de formation des professionnels de santé.

  • • le Centre de Référence pour les Maladies Mitochondriales de l’Enfant à l’Adulte (CARAMMEL ) réunit les CHU d’Angers, Bordeaux, Bicêtre (Kremlin-Bicêtre), Necker et Lariboisière (Paris). Il est associé aux centres de compétence des CHU de Dijon, Limoges, Rouen et Tours.
  • le Centre de référence des maladies mitochondriales Sud-Méditerranée CALISSON  associe les CHU de Marseille et de Nice.

Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires

Remise par le médecin de la consultation spécialisée, la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires  comporte des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Elle récapitule également les médicaments contre-indiqués et les précautions à prendre en cas d’anesthésie.
La porter toujours sur soi et la présenter à tous les professionnels de santé consultés (médecin généraliste, dentiste, anesthésiste, chirurgien…) réduit le risque d’erreurs et favorise la coordination des soins.

 

En savoir plus sur les cytopathies mitochondriales

L’association contre les maladies mitochondriales (AMMi) a pour objectif de réunir et de soutenir les familles de personnes atteintes de maladies mitochondriales, de les informer sur les progrès scientifiques et de favoriser la recherche. Elle a développé un réseau de délégués en régions.

S’informer sur les atteintes visuelles

L’association Ouvrir les Yeux s’attache à mieux faire connaitre les maladies génétiques touchant le nerf optique, ou neuropathies optiques héréditaires, qui sont des maladies mitochondriales. Elle aide les familles des personnes atteintes et encourage la recherche.

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS « Maladies » du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre  sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

Expliquer les soins à un enfant

Sparadrap est une association qui aide les familles et les professionnels quand un enfant est malade ou hospitalisé. Le site internet  de l'association s'adresse à la fois aux enfants, aux parents et aux professionnels de santé, et propose des documents spécifiques à chaque situation.

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

Connaître les essais cliniques en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).

Publié le : 26/01/2017

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien