Des experts vous soutiennent, répondent à vos questions et vous orientent.

Maladies neuromusculaires
01 69 47 11 78

Maladies rares
01 56 53 81 36
www.maladiesraresinfo.org

Maladies rares et médicaments orphelins www.orphanet.fr

CANALOPATHIES MUSCULAIRES

Des maladies rares d'origine génétique qui touchent le muscle

Elles se manifestent par des accès intermittents de paralysie ou par une raideur musculaire.

Les canalopathies musculaires sont des maladies très rares. Il en existe deux grandes familles :

  • les paralysies périodiques, qui comportent :

Paralysie périodique hypokaliémique de type 1, et de type 2
Paralysie périodique hyperkaliémique
Paralysie périodique normokaliémique
Syndrome d’Andersen-Tawil

  • les syndromes myotoniques non dystrophiques, qui comportent :

Myotonie congénitale de Thomsen 
Myotonie congénitale de Becker
Paramyotonie congénitale (ou paramyotonie de Von Eulenberg)
Myotonies  du canal sodium, dont font partie la myotonie aggravée par le potassium, la myotonie fluctuans, la myotonie permanens et la myotonie sensible à l’acétazolamide.

La kaliémie correspond au taux de potassium (K+) dans le sang. Certaines paralysies périodiques se manifestent par des accès de faiblesse musculaire concomitants à des variations de ce taux, à la hausse (hyperkaliémie) ou à la baisse (hypokaliémie).

A quoi sont-elles dues ?

Les canalopathies musculaires sont des maladies génétiques, qui se transmettent selon un mode récessif  ou dominant , selon leur forme. Elles sont toutes dues à une anomalie (mutation) d’un gène qui code un canal ionique, d’où leur nom de « canalopathie ». La mutation du gène conduit à la formation d’un canal ionique dont le fonctionnement est altéré.
Un canal ionique est une protéine  insérée dans la membrane des cellules et qui la traverse. Il permet l’entrée et la sortie de la cellule musculaire d’un ion  donné : chlore, sodium, calcium ou potassium.
Les canaux ioniques jouent un rôle déterminant dans la contraction et le relâchement des muscles. Dans les syndromes myotoniques non dystrophiques, les muscles ont du mal à se relâcher (hyperexcitabilité). Dans les paralysies périodiques, ils ont du mal à se contracter (hypoexcitabilité).


Comment la recherche est-elle organisée ?

Les équipes de recherche impliquées dans les canalopathies musculaires sont concentrées dans les pays développés, notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie, sans oublier le Japon, la Chine ou encore les Pays-Bas.

Des rencontres internationales

La thématique des canalopathies musculaires est régulièrement abordée dans les congrès nationaux et internationaux de neurologie, de génétique, et les congrès scientifiques AFM-Téléthon notamment. La recherche sur les canalopathies musculaires s’intègre dans celle, plus vaste, dédiée aux neurosciences.

En France

La  recherche sur les canalopathies musculaires est très active en France. Une équipe INSERM, l'unité U1127, dirigée par Bertrand Fontaine et soutenue par l'AFM-Téléthon, travaille spécifiquement sur ces maladies.
Elle anime un réseau spécialisé sur les canalopathies musculaires, RESOCANAUX, et travaille en collaboration, sur des sujets précis, avec le Muscle Society Group, qui réunit des experts du Canada, des États-Unis, de la Grande Bretagne, des Pays-Bas, de l'Italie et de la France.

Où en est la recherche ?

La  recherche dans les canalopathies musculaires est à la fois fondamentale, pour mieux comprendre ces maladies (fonctionnement des canaux ioniques, mutations génétiques, mécanismes de chaque canalopathie), préclinique (expérimentation de traitements potentiels sur des modèles biologiques) et clinique, afin de faire progresser les connaissances sur l’histoire naturelle de la maladie, d’améliorer son diagnostic et d’essayer de nouveaux traitements.

  • De  nouvelles pistes thérapeutiques sont explorées, chez la souris (agents bloquants le canal sodium), mais aussi chez l’homme. La  flécaïnide, un médicament déjà commercialisé pour prévenir et traiter les troubles du rythme cardiaque, a ainsi été étudié chez 10 personnes présentant une arythmie ventriculaire dans le cadre d’un syndrome d’Andersen-Tawil, avec des résultats encourageants.
  • Des essais cliniques dans les paralysies périodiques

L’essai international HYP-HOP a été mené pour évaluer le dichlorphénamide. Dans la paralysie périodique hypokaliémique, ce médicament s’est montré efficace pour réduire la fréquence des accès paralytiques. Il a été bien toléré et a amélioré la qualité de vie des personnes atteintes. En revanche, le dichlorphénamide n’a pas été efficace dans la paralysie périodique hyperkaliémique.

Au Royaume-Uni, un essai en cours évalue le bumétanide, un agent bloquant le canal chlore, dans la paralysie périodique hypokaliémique.

  • Des essais cliniques dans les myotonies non dystrophiquesLa mexilétine est un agent bloquant du canal sodium, déjà utilisé en France pour traiter certaines canalopathies musculaires. Un essai international a montré que ce traitement améliore de façon significative la sensation de raideur. Son efficacité sur la myotonie a été démontrée à court terme. Un essai britannique a également conclu à sa bonne tolérance à long terme. Un autre essai, toujours sur la mexilétine, est mené aux Pays-Bas avec 30 participants

En France, l’essai MYOMEX a également évalué l’effet de la mexilétine, chez 24 personnes présentant une myotonie non dystrophique. Sa phase clinique est terminée. Les données sont en cours d’analyse.

Voir le Zoom sur… la recherche dans les canalopathies musculaires

Les canalopathies musculaires sont de maladies chroniques, dont les premiers symptômes surviennent le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence. Elles se manifestent dans la plupart des cas de façon intermittente, par :

  • des crises de paralysie ou de faiblesse musculaire, qui durent de quelques minutes à plusieurs jours, pour une paralysie périodique ; le syndrome d’Andersen-Tawil peut se manifester aussi par des troubles du rythme cardiaque, qui nécessite un suivi par un cardiologue spécialisé
  • une raideur musculaire ou des difficultés à relâcher les muscles après un mouvement (myotonie), pour un syndrome myotonique non dystrophique.


La paralysie ou la raideur s’accompagne parfois de douleurs musculaires, et concerne un ou plusieurs muscles  (membre, cou, thorax…). Certains facteurs peuvent favoriser  leur  survenue, ou augmenter leur intensité. Selon la forme de canalopathie musculaire, ces facteurs peuvent être : l’exposition au froid, le jeûne, les repas riches en sucres (produits sucrés, féculents…), l’humidité, les aliments riches en potassium, la fièvre, le stress ou encore  la grossesse.

Comment évoluent-elles ?

Les canalopathies musculaires sont souvent peu évolutives. L’intensité des symptômes est très variable d’une personne à l’autre. Une gêne respiratoire ou des difficultés à avaler sont possibles, si la paralysie ou la myotonie concerne les muscles respiratoires ou ceux du pharynx.

  •  Dans les paralysies périodiques, la faiblesse musculaire est d’intensité variable chez une même personne, d’une crise à l’autre La  fréquence et l’importance des crises de paralysie ont tendance à s’estomper avec l’âge.  
  • Dans les syndromes myotoniques non dystrophiques, les symptômes évoluent peu au cours de la vie. Néanmoins, l’intensité de la raideur peut fluctuer d’un jour à l’autre, en fonction des circonstances (stress, émotions, froid,  jeûne..). Il se développe parfois  une hypertrophie des muscles concernés.


Que peut-on faire ?

La prise en charge a pour objectif de réduire l’impact de la canalopathie musculaire sur la vie quotidienne et de prévenir les complications. Elle est déterminée au cas par cas, en fonction de la canalopathie, de la gêne qu’elle entraine et de la fréquence des symptômes. Deux types de traitements peuvent être  proposés :

Le traitement des crises de paralysie périodique 

Les mesures à prendre sont spécifiques à chaque paralysie périodique. Pour une forme hyperkaliémique,  l’intensité et/ou la durée de la crise peut être réduit par l’ingestion d’un aliment ou d’une boisson sucrée et l’activité physique légère (marche), dès l’apparition de la faiblesse musculaire, ou éventuellement par l’inhalation d’un médicament (salbutamol). En cas de paralysie périodique hypokaliémique, le traitement de la crise repose sur la prise de potassium, et il faut éviter tout apport sucré concomitant  (boisson ou aliment sucré, perfusions glucosées…).
Les paralysies périodiques sont des maladies très rares, donc mal connues par les médecins non experts en maladies neuromusculaires. Vous pouvez demander au spécialiste qui vous suit de rédiger et de vous confier un document qui explique, à tout autre médecin que vous seriez amené à consulter, la conduite à tenir en cas d’accès paralytique.

Le traitement de fond

  • Il a pour objectif de prévenir la survenue des symptômes ou d’en réduire l’intensité, lorsqu’ils sont  fréquents et gênants. Ce traitement peut reposer sur différents médicaments : mexilétine, carbamazépine, acétazolamide, spironolactone, dichlorphénamide…
  • En complément, des précautions simples sont à prendre au quotidien, pour éviter ou limiter les facteurs qui favorisent ou aggravent les symptômes. Selon la forme de canalopathie, il peut s’agir d’éviter le jeûne, les aliments salés, riches en sucres ou  en potassium, les efforts en milieux froids, ou encore les efforts intenses.
  • Des séances de kinésithérapie permettent de lutter contre les douleurs musculaires et les rétractions des tendons (massages, infrarouges, étirements, balnéothérapie).
  • Les personnes atteintes d’un syndrome d’Andersen-Tawil doivent bénéficier d’un suivi par un cardiologue  spécialisé dans les maladies neuromusculaires afin de mettre en route un traitement adapté (voire bénéficier d’ un défibrillateur cardiaque implantable) si une anomalie est détectée. Il faut également éviter de prendre certains médicaments, dont la liste  peut être téléchargée sur le site du Centre de référence national.  

Des précautions anesthésiques

Une canalopathie n’empêche pas de bénéficier d’une anesthésie générale ou par péridurale, mais il faut prendre des précautions particulières. Certains produits anesthésiants et certaines circonstances propres à une intervention chirurgicale (froid, jeûne, perfusion de glucose…) peuvent, en effet, provoquer ou aggraver les symptômes. Quelle que soit l’intervention envisagée, il faut donc toujours prévenir l’anesthésiste et le chirurgien que l’on est atteint d’une canalopathie musculaire et leur présenter la Carte de soins et d’urgence "Maladie neuromusculaire". Cette carte précise les précautions à respecter en cas d’anesthésie. L’anesthésiste peut aussi contacter l’équipe du Centre national de référence des canalopathies musculaires ou consulter les recommandations  publiées sur le site internet de ce dernier.

Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires
Avoir toujours sur soi et présenter sa Carte de soins et d'urgence Maladies neuromusculaires  aux professionnels de santé favorise la coordination des soins. Cela permet surtout d'éviter des erreurs liées à la méconnaissance des maladies neuromusculaires, notamment en situation d'urgence. Les médicaments contre-indiqués et les préconisations pour l'anesthésie locale ou générale figurent aussi sur cette carte.

Un réseau expert de consultations dans toute la France

La prise en charge des canalopathies musculaires se conçoit au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées  dans les maladies neuromusculaires, Réparties dans toute la France, ces consultations peuvent assurer le diagnostic de votre canalopathie, votre prise en charge et votre suivi dans la durée à proximité de votre domicile.
C'est le médecin de la consultation spécialisée qui vous remet la Carte de soins et d’urgence Maladies neuromusculaires sur laquelle figurent des informations importantes et actualisées sur votre état de santé. Veillez à la faire mettre à jour régulièrement par le médecin.

Un Centre de référence national

Spécialisé dans les canalopathies musculaires, ce centre  est situé à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Son équipe travaille en collaboration avec le réseau de consultations pluridisciplinaires et lui apporte, si nécessaire, son expertise à l’étape du diagnostic, du traitement et du suivi.
Le Centre national de référence des canalopathies musculaires exerce également des missions plus globales de recherche (coordination de RESOCANAUX, animation d’essais cliniques), de formation et d’information des professionnels de santé et des personnes malades. Il lui revient enfin de définir, faire évoluer et diffuser les  protocoles de diagnostic et de prise en charge, au fur et à mesure des progrès de la recherche.
Conseil génétique
Les canalopathies sont des maladies génétiques. Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie


Comment fait-on le diagnostic ?

  •  Pour une paralysie  périodique, l’examen clinique est le plus souvent normal. Le diagnostic est évoqué sur la nature des symptômes ressentis et leur intermittence, à savoir des accès de paralysie complète ou de faiblesse musculaire, apparaissant souvent lors d’une phase de repos après un effort intense ou inhabituel, ou lors d’une période d’immobilité prolongée (long trajet en voiture, en train ou en avion, après 2 à 3 heures de cours...).
  • Pour un syndrome myotonique non dystrophique, les symptômes ressentis sont des difficultés à relâcher les muscles, une raideur musculaire ou une crampe déclenchées par un mouvement volontaire. Ces « myotonies » peuvent disparaitre de façon progressive avec la répétition du mouvement, ou au contraire s’intensifier. Tout dépend de la forme de syndrome myotonique non dystrophique. La lenteur du relâchement musculaire (myotonie) peut être mise en évidence par l’examen clinique, après une contraction volontaire provoquée (serrer la main ou un objet par exemple) ou en percutant un muscle avec un marteau à reflexe.


L’électromyogramme aide à confirmer le diagnostic de canalopathie musculaire, et à préciser sa forme. Cet examen comporte un enregistrement de l’activité électrique du muscle, au repos et lors de différents tests (efforts, froid).

Une prise de sang permet de réaliser un test génétique, à partir de l’ADN des globules blancs, pour rechercher l’anomalie génétique en cause. La canalopathie musculaire peut rester « non déterminée » à l’issue de ce test, car toutes les anomalies génétiques responsables de canalopathie n’ont pas encore été découvertes.

Le site du Centre de référence national des canalopathies musculaires

http://pitiesalpetriere.aphp.fr/centre-national-de-reference-des-canalopathies-musculaires/

Le site de l'AFM-Téléthon

L'AFM-Téléthon publie régulièrement des articles sur les dernières publications scientifiques ou médicales, sur les travaux de recherches présentés lors de colloques internationaux, sur les essais en cours... En consultant régulièrement les "Actualités" en bas de cette page, vous resterez informés de ces sujets. Vous pouvez aussi vous abonner au flux RSS "Maladies" du site internet de l'AFM-Téléthon.

Les Repères Savoir & Comprendre de l'AFM-Téléthon

Les Repères Savoir & Comprendre sont des documents sur des sujets scientifiques, médicaux, psychologiques, sociaux ou techniques liés aux maladies neuromusculaires, publiés par l'AFM-Téléthon et destinés aux personnes atteintes de maladies neuromusculaires et à leurs familles. Ils sont en téléchargement sur le site internet de l'AFM-Téléthon.

Expliquer les soins à un enfant

Sparadrap est une association qui aide les familles et les professionnels quand un enfant est malade ou hospitalisé. Le site internet de l'association s'adresse à la fois aux enfants, aux parents et aux professionnels de santé et propose des documents spécifiques à chaque situation.

www.sparadrap.org

S'informer sur les maladies rares

Orphanet est le site de référence sur les maladies rares et les médicaments orphelins. Il s'adresse à la fois aux malades, à leur entourage et aux professionnels de santé. Son but est de contribuer à améliorer le diagnostic, la prise en charge et le traitement des maladies rares. Il propose, entre autre, une encyclopédie des maladies rares, un inventaire des médicaments orphelins,  un répertoire des consultations expertes ou des laboratoires de diagnostic en France...

www.orphanet.fr

Tous à l'école

Destiné aux enseignants, ce site apporte des informations générales sur de nombreuses maladies pour expliquer les conséquences possibles d'une maladie ou d'un handicap sur les apprentissages et proposer des pistes pour aider les enseignants dans leurs démarches pédagogiques et faciliter la scolarité des élèves atteints d'une maladie chronique.

http://www.tousalecole.fr/

Filnemus, la filière de santé pour les maladies neuromusculaires

La filière neuromusculaire Filnemus anime et coordonne les actions entre les acteurs impliqués dans la prise en charge des maladies neuromusculaires. Elle regroupe les centres de référence et de compétence "Maladies neuromusculaires", les structures de soins travaillant avec ces centres, des laboratoires et plateformes de diagnostic, des professionnels et structures des secteurs social et médicosocial, des équipes de recherche fondamentale, clinique et translationnelle, des associations de malades...

http://www.filnemus.fr

Connaître les essais cliniques en cours dans le monde

Ce site internet (en anglais) répertorie un grand nombre d'essais cliniques dans le monde. Il dépend du National Institutes of Health (NIH), institution gouvernementale des États-Unis en charge de la recherche médicale et biomédicale (l'équivalent de l'Inserm - Institut national de la santé et de la recherche médicale - en France).
www.clinicaltrials.gov

Publié le : 28/06/2016

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien