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Assises du Muscle 2026 : la santé musculaire au cœur des enjeux de santé publique

Publié le
À l’occasion des 2es Assises du Muscle organisées par l’AFM-Téléthon et l’Institut de Myologie, médecins, chercheurs, responsables politiques, acteurs de la santé, de l’entreprise, de l’éducation et du sport partagent leurs analyses et leurs solutions pour mieux comprendre les grands enjeux de la santé musculaire.

Comment préserver son capital musculaire tout au long de la vie ? Quel rôle joue le muscle dans notre santé globale ? Comment la santé musculaire doit-elle enfin trouver sa place dans les politiques publiques de prévention ? Les 2e Assises du Muscle, organisées le 2 juin 2026 au ministère de la Santé par l’AFM-Téléthon et l’Institut de Myologie, ont réuni des experts de tous horizons pour traiter de cette question transversale au cœur de tous les défis de nos sociétés contemporaines. 

Un angle mort des politiques publiques

140 milliards d'euros par an. C'est ce que coûte l'inactivité physique à la société française, selon un rapport de France Stratégie (2022). Un chiffre que Laurence Tiennot-Herment, présidente de l'AFM-Téléthon et de l'Association Institut de Myologie, a replacé dans un contexte plus large dès l'ouverture de l’événement :

« Le muscle n'est pas seulement l'organe du mouvement. Il est, on le sait, un déterminant majeur de la santé globale, du métabolisme, de l'autonomie et de la qualité de vie à tous les âges. Nous en sommes convaincus, le muscle constitue l'un des grands enjeux de santé publique du XXIe siècle, tant pour le rôle qu'il joue dans la prévention de nombreuses pathologies que pour vivre, grandir, vieillir en bonne santé. […] Pourtant, force est de constater que ces initiatives n'ont pas suffi à faire émerger la santé musculaire comme un objet de politique publique à part entière. Le paradigme dominant reste celui de l'activité physique, appréhendée essentiellement sous l'angle cardiovasculaire et de lutte contre la sédentarité. La dimension proprement musculaire, entretien de la masse, préservation de la force, prévention de la sarcopénie, demeure un impensé des politiques de prévention. »

Un constat partagé par Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, qui a salué l'engagement de l'AFM-Téléthon et de l'Institut de Myologieen faveur de la recherche, de la prévention et de la diffusion des connaissances sur la santé musculaire.

Une journée structurée autour du parcours de vie

AFM-Téléthon, Institut de Myologie, Semaine du Muscle 2026, haut patronage du Président de la République : le cadre annonce l'ambition.

Dans la salle, des médecins, des chercheurs, des politiques, des acteurs de la santé, de l’entreprise, de l’éducation, du sport... En conclusion de son allocution, Laurence Tiennot-Herment a résumé l'enjeu de cette journée : « passer du diagnostic à la prescription, de l'alerte à l'action et inscrire le muscle dans une politique publique transversale. »

Tout au long de la journée, trois tables rondes ont exploré trois étapes de la vie : construire son capital musculaire de la période prénatale à l'adolescence, le préserver à l'âge adulte face aux défis de la sédentarité, le maintenir avec l'avancée en âge. Un regard croisé sur la myologie de demain a interrogé les défis scientifiques et médicaux à venir. Pierre-Yves Geoffard, professeur à l'École d'économie de Paris et directeur de recherche au CNRS, a conclu la journée par un éclairage économique : comment évaluer et financer des politiques de prévention efficaces, dans un pays qui y consacre deux fois moins de budget que certains de ses voisins ?

Retrouvez les replays des tables rondes et conférences des Assises sur lemuscle.fr

Un problème structurel, pas seulement individuel

Près de 95 % des Français sont aujourd'hui trop sédentaires ou insuffisamment actifs, selon les données de l'ANSES. Derrière ce chiffre, un rappel fondamental de Boris Cheval, maître de conférences au Département Sciences du sport et éducation physique de l'ENS Rennes : « On est biologiquement né pour être actif physiquement. On a le potentiel pour être actif physiquement et on a besoin biologiquement d'être actif physiquement. »  L'inactivité n'est donc pas un état neutre, c'est une anomalie que notre corps paie au prix fort.

Et pourtant, le problème n'est pas seulement une question de volonté individuelle. Comme l'a souligné Irène Margaritis, professeure de physiologie et adjointe au directeur d'évaluation des risques à l'ANSES, injonctions et comportements ne peuvent pas s'aligner tant que l'environnement urbain, professionnel et social n'est pas organisé pour permettre de bouger. Les villes pensées pour la voiture, les journées de travail passées assis, la scolarité qui immobilise les enfants et les écrans qui envahissent nos vies… : autant de freins structurels aux conséquences bien documentées. Diminution des performances cognitives et scolaires, risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de dépression, de fractures : la sédentarité n'est plus seulement un risque, c'est déjà une urgence.

Des leviers concrets identifiés

Que faire maintenant ? Mieux former les professionnels de santé au rôle du muscle et à la prescription de l’activité physique, sensibiliser largement le grand public, organiser nos sociétés autour du mouvement et bouger à tous les âges.

Autre revendication concrète portée par les Assises : intégrer la mesure de la force musculaire au bilan de santé de routine. Sa valeur prédictive sur la morbi-mortalité est documentée dans la littérature scientifique, mais elle n'a pas encore acquis le statut d'examen de référence qu'elle mériterait, à l'image de ce qu'est devenu l'électrocardiogramme pour la santé cardiovasculaire.

Rappel d’un point sans appel : aucun médicament ne remplace la contraction musculaire. Ce qui rend d'autant plus urgente une politique publique ambitieuse et transversale à l’image de cet organe, indispensable à la vie. .

Deux chantiers concrets ont également été mis en avant par Fabrice Chrétien, directeur de la stratégie scientifique de l'Institut de Myologie. La création d’une FST, Formation Spécialisée Transverse en myologie, pour mieux former les médecins. Et la future Fondation du Muscle, dont la première pierre a été posée le 17 juin 2025, autour de deux axes : prévention et innovation pour promouvoir une myologie dans tous ses états.

Paroles d'experts

Vous souhaitez en savoir davantage ? Les experts qui ont animé cette journée reviennent sur les enjeux qu'ils ont portés.

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Pr Fabrice Chrétien, Directeur de la stratégie scientifique de l'Institut de Myologie 

Que faut-il faire concrètement pour que la santé musculaire devienne un vrai sujet de santé publique ? Fabrice Chrétien détaille sa réponse : sensibiliser, former les soignants, agir à tous les âges. Et il nous parle de la future Fondation du Muscle. 

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Pr Cédric Moro, Directeur de recherche INSERM, Physiopathologiste à l'Institut des Maladies Métaboliques et Cardiovasculaires, Université de Toulouse

Cédric Moro part d'une question simple : pourquoi certains vieillissent mieux que d'autres ? Sa réponse tient en deux mots : capital musculaire. Et il explique comment on le construit, et surtout comment on évite de le perdre.

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Boris Cheval, Maître de conférences, Département Sciences du sport et éducation physique, ENS Rennes

Moins de 3 % des adolescents atteignent les recommandations en activité physique, sommeil et temps d'écran. Boris Cheval pose le chiffre et creuse la question : pourquoi est-ce si difficile de bouger, et comment changer ça ?
 

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Pr François Carré, professeur de cardiologie, Président du collectif « pour une France en forme »

Pourquoi notre société nous pousse-t-elle à bouger toujours moins ? François Carré explique les conséquences de la sédentarité et appelle à un changement de paradigme impliquant l'école, l'entreprise, l'urbanisme et les familles pour remettre le mouvement au cœur de nos vies. 
 

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Pr Bénédicte Chazaud, présidente de la Société Française de Myologie

« La vie c'est le mouvement, il faut bouger. » Bénédicte Chazaud dépasse le seul champ des maladies neuromusculaires pour montrer comment la myologie irrigue aujourd'hui la recherche sur le diabète, le cancer, la santé mentale et le vieillissement. Et pourquoi le muscle pourrait demain devenir un biomarqueur de référence dans de nombreuses pathologies. 

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Fabien Gilot, champion du monde et champion olympique en natation, responsable sport et activité physique au MEDEF

« Je fais une heure et demie de sport par jour, et pour autant, je suis sédentaire.» Fabien Gilot bouscule les idées reçues sur l'activité physique : ce n'est pas l'intensité de l'effort qui compte, c'est la mobilité au quotidien. Et il explique pourquoi l'entreprise est un levier incontournable pour changer les habitudes. 

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Pierre-Yves Geoffard, professeur à l'École d'économie de Paris, directeur de recherche au CNRS

« Aujourd'hui, on n'est plus payé pour faire un effort physique, c'est l'inverse. Les gens payent pour exercer un effort physique » Pierre-Yves Geoffard replace la sédentarité dans le temps long, interroge le renversement du gradient social de l'obésité et pose une question que les politiques publiques esquivent : combien coûte vraiment l'inaction, et pour qui ?