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DMC 1A : des protéines chimériques soignent l’atteinte nerveuse chez la souris

Publié le
Vignette Actualité - Vignette chercheur avec pipette

Une équipe suisse démontre que l’expression de protéines de liaison artificielles dans l’ensemble des tissus permet d’améliorer l’état des muscles de souris modèles de dystrophie musculaire congénitale de type 1A, même chez celles sévèrement atteintes, tout en prévenant l’apparition de paralysie des membres postérieurs.

Les protéines chimériques sont fabriquées en laboratoire à partir de tout ou partie de protéines afin de constituer des protéines artificielles avec des caractéristiques spécifiques.
Des exemples de ces protéines chimériques sont les protéines de liaison artificielles, qui ont déjà été utilisées avec succès pour compenser le déficit en laminine α2 dans des souris modèles de DMC 1A. Elles permettent d’améliorer l’état du muscle en rétablissant le lien perdu entre la fibre musculaire et la matrice extracellulaire, le réseau complexe de protéines dans lequel baignent les cellules.
Cependant, leurs bénéfices sont mitigés par le développement possible d’une atteinte nerveuse (paralysie des pattes arrière) consécutive à l’augmentation de la durée de vie de ces souris grâce au traitement.

Des bénéfices sur le muscle, mais aussi sur le nerf

À la différence de travaux précédents, soutenus par l’AFM-Téléthon, où l’induction de l’expression de deux protéines de liaison artificielles (mini-agrine ou laminine α1 et nidogène-1) par manipulation génétique avait été volontairement limitée aux muscles, les investigateurs de la présente étude ont étendu leur expression à l’ensemble des tissus de souris modèles de DMC 1A.
Ils observent que le traitement rétablit le poids, la marche et la force musculaire des souris modèles à des niveaux quasi normaux, même chez celles les plus sévèrement touchées par la maladie, confirmant les effets bénéfiques relevés auparavant.
Résultat novateur, le traitement permet cette fois de cibler aussi l’atteinte nerveuse et prévenir l’apparition de la paralysie en restaurant le processus de myélinisation qui est perturbé chez l’animal.

Ces travaux montrent que les protéines de liaison artificielles peuvent compenser l’absence de laminine α2 dans les muscles et les nerfs périphériques, les deux systèmes les plus touchés par la maladie.
Cette approche est d’autant plus intéressante que, contrairement à d’autres thérapies géniques, elle est basée sur l’assemblage de protéines déjà produites par le corps et ne devrait donc pas provoquer de rejet immunitaire.

Source
Nerve pathology is prevented by linker proteins in mouse models for LAMA2-related muscular dystrophy.
Reinhard, J. R., Porrello, E., Lin, S. et al.
PNAS Nexus 2023 2(4): pgad083.

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