Maladies neuromusculaires : l’amélioration de la qualité de vie passe aussi par celle de l’assiette

Dans les maladies neuromusculaires, même les plus complexes, la prise en charge de certains facteurs du mode de vie, et plus particulièrement de l’alimentation, pourrait améliorer la qualité de vie et l’état de santé général des patients.
Alimentation, activité physique adaptée, relations sociales, gestion du stress, sommeil… Si l’amélioration du mode de vie fait partie de la prise en charge de plusieurs maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires, elle a été peu étudiée jusqu’ici dans les maladies neuromusculaires.
Une assiette carencée
Des chercheurs ont analysé 30 études scientifiques regroupant 5 055 patients sur le sujet et font un premier constat : le risque de malnutrition est peu évalué chez les personnes atteintes de maladies neuromusculaires, alors qu’elles sont particulièrement à risque et que leur alimentation est souvent carencée.
Dans les études analysées, les apports en calories, en protéines, en lipides et en fibres sont généralement inférieurs aux recommandations, tout comme ceux en vitamine C, vitamine E, zinc, sélénium et calcium. Les fruits et légumes, légumineuses, noix et graines sont peu consommés, délaissés au profit de produits ultra-transformés.
Alors quelle alimentation adopter ?
Certaines prises en charge diététiques, visant à optimiser les apports calorique et nutritionnel, ont été évaluées dans différents essais cliniques et étaient globalement efficaces pour améliorer les capacités motrices, la tolérance à la fatigue et la qualité de vie.
Les scientifiques soulignent le potentiel de deux régimes alimentaires pour contrer les dommages liés à l’inflammation et au stress oxydatif : les régimes cétogène (pauvre en sucres, riche en lipides) et méditerranéen (pauvre en sucres et produits ultra-transformés, riche en végétaux, oméga-3, fibres, anti-oxydants, aliments anti-inflammatoires). Mais ils ont encore été peu ou pas étudiés dans les maladies neuromusculaires.
Une approche globale sur le mode de vie
L'activité physique, adaptée aux capacités de chacun, est également un facteur susceptible d’influencer positivement l’évolution de ces maladies. Un état émotionnel négatif - anxiété, dépression, stress - s'est aussi révélé être un facteur déterminant du bien-être général des patients.
Les chercheurs plaident donc pour une prise en charge globale du mode de vie, incluant un suivi nutritionnel régulier, la promotion d'une activité physique adaptée, un soutien psychologique et l'implication de la famille et des aidants, afin d’améliorer les résultats cliniques et la qualité de vie des patients atteints d’une maladie neuromusculaire.
Source
Diet and nutrition in patients with neuromuscular disorders, as lifestyle factors affecting clinical parameters and quality of life: a narrative systematic review.
Marconi S, Gilberti G, Zanini B et al.
Nutr Res Rev. 2026 Avril.
