Faîtes un don en ligne
Ligne directe donateurs : 0825 07 90 95 (0,15€ TTC/min + prix d’un appel local)
Publié le : 30/07/2021

Myasthénie auto-immune : l’efgartigimod transforme l’essai

L’essai ADAPT livre ses résultats définitifs et ils sont positifs. L’anti-récepteurs Fc néonataux efgartigimod s’annonce efficace et bien toléré dans la myasthénie.

Avec 56 sites investigateurs dont deux en France, l’essai clinique de phase III nommé ADAPT se voulait de grande ampleur. Il a rassemblé 167 adultes atteints d’une myasthénie auto-immune généralisée et ce, une fois n’est pas coutume, qu’ils aient des auto-anticorps anti-RACh ou non (6 participants avec auto-anticorps anti-MuSK et 32 séronégatifs). Suivis pendant six mois, ils ont été répartis en deux groupes. L’un, de 84 personnes, a reçu un premier cycle de quatre perfusions intraveineuses hebdomadaires d’efgartigimod, répété en fonction de l’évolution des symptômes. L’autre, de 83 personnes, a reçu des perfusions de placebo.

Favoriser l’élimination sélective des auto-anticorps

L’efgartigimod appartient à une nouvelle classe de médicaments, les anti-FcRN, qui cible les récepteurs Fc néonataux ou FcRN. Ces récepteurs empêchent la dégradation des immunoglobulines G (IgG) dont font partie les auto-anticorps produits dans la myasthénie (anti-RACh, anti-MuSK...), ce qui contribue à maintenir leur forte concentration dans le sang. En se liant aux FcRN, l’efgartigimod limite ce recyclage des IgG en général et des auto-anticorps en particulier, un effet qu’a confirmé l’essai ADAPT, dont des résultats préliminaires avaient été publiées mi-2020.

Efficacité significative et bonne tolérance

Selon ses résultats définitifs, parus en juillet 2021, l’efgartigimod entraine une diminution des taux d’IgG dans le sang des participants avec auto-anticorps anti-RACh. La réduction maximale moyenne atteint - 61,3% pour les IgG, et -57,6% pour les anti-RACh une semaine après la 4e perfusion. L’évolution est similaire chez les participants séronégatifs.
Le candidat-médicament entraine par ailleurs, plus souvent que le placebo, une amélioration significative et persistante (au moins quatre semaines) des scores mesurant l’impact de la myasthénie sur les activités de la vie quotidienne (MG-ADL) et quantitatif de la myasthénie (QMG). Ainsi, au terme du premier cycle de traitement, les participants traités par efgartigimod sont 68% à bénéficier d’une amélioration de plus de 2 points du score MG-ADL, versus 37% sous placebo.
Côté tolérance, 77% des participants traités par efgartigimod et 84% de ceux qui ont reçu le placebo rapportent des effets secondaires, d’intensité faible à modérée le plus souvent. Les plus fréquents sont les maux de tête, survenus en proportion très comparable dans les deux groupes (29% sous efgartigimod vs 28% sous placebo), et les rhinopharyngites  (12% vs 18%).

D’autres études à suivre

Des résultats à long terme de l’efgartigimod sont attendus dans le cadre d’une extension en ouvert (ADAPT+) dont la fin est prévue en juin 2023. Le candidat-médicament fait également l’objet d’un essai en cours pour évaluer son administration par voie sous-cutanée (ADPATsc), et d’essais en préparation dans la myasthénie mais aussi dans une autre maladie auto-immune (thrombocytémie). À noter que quatre autres médicaments anti-FcRN sont également en développement dans la myasthénie : le rozanolixizumab et le nipocalimab, tous deux à l’essai en France, le batoclimab (en Chine) et l’ALXN1830 (aux États-Unis).

Source
Safety, efficacy, and tolerability of efgartigimod in patients with generalised myasthenia gravis (ADAPT): a multicentre, randomised, placebo-controlled, phase 3 trial
Howard JF Jr, Bril V, Vu T et al.
Lancet Neurol. 2021 Jul;20(7):526-536.

 

Rechercher une actu
Recherchez une actualité
Par ex., 23/09/2021
Filtrer par date