Myopathie de Becker : l’équilibre du fer perturbé dans les cellules du cœur

En utilisant des techniques d’ingénierie cellulaire et d’édition génomique, une équipe de chercheurs apporte un nouvel éclairage sur les atteintes cardiaques de la myopathie de Becker et pointe une altération de l’équilibre du fer.
La dystrophie musculaire de Becker (DMB) est causée par des mutations du gène DMD, entraînant la production d'une dystrophine tronquée mais partiellement fonctionnelle. Alors qu’entre 60 et 75% des patients développent des dysfonctionnements cardiaques, les mécanismes cellulaires impliqués restent mal compris.
L’ingénierie cellulaire pour mieux comprendre les atteintes cardiaques
Pour les étudier de plus près, une équipe de chercheurs polonais a utilisé une technique d’ingénierie cellulaire. À partir d’une prise de sang réalisée chez deux patients, les scientifiques ont extrait des cellules sanguines qu’ils ont ensuite reprogrammées en cellules souches (appelées iPS pour cellules souches pluripotentes induites) capables de donner naissance à tous les tissus de l’organisme. Dans une partie d’entre elles, ils ont restauré la production d’une dystrophine complète en corrigeant les mutations grâce aux ciseaux moléculaires CRISPR/Cas9. Puis, toutes les cellules, corrigées ou non, ont été transformées en cellules cardiaques. Les chercheurs ont ainsi pu comparer le fonctionnement des cellules cardiaques malades à leurs équivalents corrigés.
Le fer en déséquilibre
Les cellules cardiaques malades présentent des niveaux élevés de molécules réactives à l’oxygène, marqueurs d’un stress oxydatif important qui peut les endommager. L’équilibre du fer, qui joue un rôle clé dans le transport de l’oxygène et la production de l’énergie, est également perturbé : il se retrouve en faible quantité à l’état libre dans les cellules, son stockage est augmenté et son métabolisme est altéré dans les mitochondries, les centrales énergétiques cellulaires.
À l’inverse, dans les cellules témoins, la restauration de la dystrophine a permis de rétablir les niveaux de fer et des protéines associées. Ces résultats suggèrent qu’une dystrophine entière serait importante pour maintenir l’équilibre en fer dans les cellules cardiaques.
Source
Gene editing restores full-length dystrophin and affects iron homeostasis in hiPSC-derived cardiomyocytes from Becker Muscular Dystrophy patients.
Przymuszała M, Kwiatkowska J, Meyer-Szary J et al.
J Neuromuscul Dis. 2026 Juin.
