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Glycogénose musculaire

Des maladies rares d'origine génétique qui touchent le muscle

Elles se manifestent en général par une intolérance à l'effort et des douleurs musculaires. Le foie peut également être atteint.

Les glycogénoses musculaires rassemblent une dizaine de maladies d’origine génétique qui entrainent une accumulation de glycogène, une forme de réserve d’énergie, dans les cellules. Chaque glycogénose entraine le déficit en une enzyme spécifique, impliquée dans l’utilisation ou le recyclage du glycogène. Poser le diagnostic est essentiel pour bénéficier d’une prise en charge optimale. Apporter l’enzyme manquante est déjà possible dans la glycogénose de type II ou maladie de Pompe et d’autres traitements, notamment des thérapies géniques, sont à l’étude.

Que sont les glycogénoses musculaires ?

Les glycogénoses musculaires constituent un ensemble de maladies qui diffèrent, parfois beaucoup, les unes des autres.

  • la maladie de Pompe (glycogénose de type II)
  • la maladie de Cori ou maladie de Forbes (glycogénose de type III)
  • la maladie d'Andersen (glycogénose de type IV)
  • la maladie de Mc Ardle (glycogénose de type V)
  • la maladie de Tarui (glycogénose de type VII)
  • le déficit en phosphorylase kinase (glycogénose de type IX)
  • la maladie de Di Mauro (glycogénose de type X)
  • le déficit en glycogène synthase musculaire (glycogénose de type 0)
  • le déficit en bêta-énolase musculaire (glycogénose de type XIII)
  • le déficit en phosphoglucomutase (glycogénose de type XIV)
  • le déficit en glycogénine-1 (glycogénose de type XV)

Les différentes glycogénoses musculaires se distinguent par leurs manifestations et leur évolution. Leur grande rareté retarde souvent le diagnostic et donc la prise en charge, en particulier lorsque la maladie commence à se manifester à l’âge adulte.

 

En savoir + sur la prise en charge médicale

 

À quoi sont-elles dues ?

Toutes les glycogénoses musculaires sont des maladies d’origine génétique : elles sont dues à des anomalies de l'ADN. Les protéines codées par les gènes impliqués interviennent dans la chaîne de réactions chimiques qui transforment les sucres que nous mangeons en énergie utilisable par notre corps (le métabolisme). Une anomalie d'un de ces gènes entraine une accumulation anormale d'une forme de réserve énergétique de l'organisme, le glycogène.

Le foie et le muscle sont les organes les plus souvent atteints car ils présentent des réserves importantes en glycogène.

Les approches thérapeutiques en cours de développement visent à apporter la protéine manquante par enzymothérapie de substitution, compenser les anomalies génétiques grâce à la thérapie génique ou à atténuer le retentissement de la maladie par un médicament et une modification du régime alimentaire pour limiter l’accumulation du glycogène

 

En savoir + sur la recherche

 

 

 

Pas une année sans avancées dans la connaissance de l’une ou l’autre des glycogénoses musculaires ! Ces progrès s’avèrent essentiels pour améliorer le suivi des malades, mais aussi pour développer de nouveaux traitements.

Comment est organisée la recherche dans les glycogénoses ?

Les chercheurs et les médecins impliqués dans la recherche sur les glycogénoses se réunissent régulièrement à l’occasion de journées de travail nationales ou internationales (Journée Française de la maladie de Pompe, Journée française sur la glycogénose de type III, atelier de l'European NeuroMuscular Centre...) ou de grands colloques internationaux comme le congrès Myology organisé par l’AFM-Téléthon, ou la Conférence internationale sur les glycogénoses (IGSD) dont la cinquième édition s'est tenue en novembre 2019 à Porto Alegre (Brésil). Lors du 24ème Congrès international annuel de la World Muscle Society, Pascal Laforêt (Garches) a fait un point complet sur les glycogénoses.

À l'occasion du congrès Myology, Federico Mingozzi présente l'approche de thérapie génique dans la maladie de Pompe développé à Généthon.

La recherche dans les glycogénoses en chiffres 
42 essais cliniques en cours ou en préparation dans les glycogénoses musculaires répertoriés sur le site ClinicalTrials.gov (interrogation du 3 décembre 2020).
83 articles sur les glycogénoses musculaires publiés dans la littérature médicale et scientifique au cours de l'année 2019  (d'après Pubmed, interrogation du 3 décembre 2020).

Voir les Avancées dans les glycogénoses musculaires

Où en est la recherche dans les glycogénoses musculaires ?

Avec les progrès de la génétique, les chercheurs connaissent désormais beaucoup mieux les bases génétiques des glycogénoses musculaires. Cependant, les mécanismes en jeu dans l'apparition de certains symptômes (crampe musculaire aiguë, faiblesse musculaire chronique) sont moins bien identifiés.

Afin de mieux connaître ces maladies, chercheurs et médecins mettent en place des registres. Ces bases de données permettent de recueillir les informations médicales concernant des personnes atteintes par une même maladie. Leur objectif est de faire progresser les connaissances, d’améliorer le diagnostic et les traitements et de faciliter le recrutement pour les essais cliniques.

  • Le registre français de la maladie de Pompe (glycogénose de type II) a été créé en 2004, sous la responsabilité scientifique du Pr Pascal Laforêt (Hôpital Raymond Poincaré, Garches) et avec le soutien de l’AFM-Téléthon. En février 2019, ce registre recensait 212 personnes atteintes de maladie de Pompe.
  • Une base de données Glycogénose de type III (maladie de Forbes ou de Cori) est née en 2014 d'une collaboration entre un Centre de référence Maladies neuromusculaires (Institut de Myologie, Paris) et un Centre de référence Maladies héréditaires du métabolisme hépatique (Hôpital Béclère, Clamart). En avril 2018, 54 patients étaient inclus dans cette base de données.
  • Un registre international Glycogénose de type V (maladie de McArdle) et autres glycogénoses musculaires avec intolérance à l'effort (hors maladie de Pompe) a été créé en 2013. Nommé EUROMAC registry, ce projet regroupe des données provenant de dix pays européens dont la France et des États-Unis. En novembre 2020, cette base de données recensait 282 patients dont 269 atteints de maladie de McArdle.
Aller plus loin

Les glycogénoses musculaires se manifestent très différemment d'une forme à l'autre. Elles entrainent fréquemment une intolérance à l'effort, des douleurs musculaires (myalgies) ou des crampes. Les symptômes se déclenchent à l'exercice physique.
D'autres symptômes peuvent être associés, comme une atteinte du foie, du cœur ou une myoglobinurie (urines rouges due à la présence de myoglobine, cela reflète une atteinte des cellules musculaires)...

Il existe une forme très sévère de la maladie de Pompe qui se manifeste dès la naissance (forme néonatale) par une atteinte cardiaque et respiratoire grave chez les tout-petits, en l'absence de traitement.

Comment évoluent-elles ?

L'évolution des glycogénoses musculaires varie selon les formes.

Les formes néonatales consistent en une hypotonie généralisée. Sans traitement précoce, l'évolution est rapide et fatale.
Les formes plus tardives sont moins graves. Elles évoluent lentement. Certaines personnes développent une faiblesse musculaire permanente, notamment dans les muscles des épaules, des hanches, des bras et des jambes.

Que peut-on faire ?

Le diagnostic précoce permet de mettre en route une prise en charge adaptée, idéalement dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires.

À l’exception de la maladie de Pompe (ou glycogénose de type II) où un traitement visant à fournir l’enzyme manquante (enzymothérapie substitutive) est disponible depuis quelques années, aucun traitement spécifique n'est disponible actuellement dans les glycogénoses musculaires.

Limiter les efforts intenses, aménager des temps de repos, adapter son régime alimentaire selon des critères précis et éviter les épisodes d’hypoglycémie permettent de mieux vivre au quotidien.

Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie.

Pour aller plus loin

Publié le : 03/12/2020

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien