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Déclarer une myasthénie auto-immune à l’âge de la retraite

Publié le
Vignette Actualité : Monsieur âgé, assis dans un fauteuil

De plus en plus fréquente chez les seniors, la myasthénie peut désormais commencer à se manifester à 70 voire 80 ans passés. Elle est alors de bon pronostic, mais doit être traitée de façon active et suivie de près.

La fréquence de la myasthénie auto-immune augmente dans différents pays dont la France, surtout depuis les années 80 et chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Ce phénomène n’est pas dû à un meilleur diagnostic, mais à l’augmentation de l’espérance de vie, et donc du nombre de personnes âgées.

Des raisons à clarifier

Le vieillissement du système immunitaire (immunosénescence) favoriserait la survenue tardive de maladies auto-immunes, et en particulier celle de la myasthénie. Des facteurs liés à l’environnement joueraient un rôle important, mais ils restent à identifier de façon formelle. Les gènes prédisposants seraient par ailleurs différents dans la population âgée atteinte de myasthénie, un groupe qui se distingue également par une nette prédominance masculine.

Repérer vite...

Identifier la myasthénie le plus rapidement possible est essentiel chez les seniors, comme l’a confirmé une grande étude conduite au Danemark sur les données de santé de 2 110 personnes atteintes de myasthénie. Leur mortalité à court terme, dans l’année qui suit le diagnostic, est plus élevée que celle de la population générale, en particulier passé l’âge de 75 ans, en raison soit de complications liées aux médicaments, soit d’une forme plus sévère de la maladie : elle débute par une insuffisance respiratoire dans un cas sur cinq chez les seniors. Un traitement suffisant de la myasthénie est donc indispensable dans cette population et ses effets indésirables doivent être surveillés de près, notamment la première année. Passée cette phase délicate, la mortalité des patients âgés rejoint celle des personnes de même âge indemnes de myasthénie.

... et bien soigner

Selon une analyse des études récentes sur le sujet, la myasthénie avec anti-RACh apparue après l’âge de 65 ans répond bien aux traitements habituels (anticholinestérasiques, corticoïdes, azathioprine...). D’autres médicaments peuvent être utilisés si nécessaire, comme le rituximab, les inhibiteurs du complément ou les anti-FcRn, dans les mêmes indications que chez les plus jeunes. 
En complément, faire de l’exercice est non seulement faisable mais souhaitable une fois la maladie stabilisée par le traitement. Les recommandations sont alors d’effectuer, et ce à tout âge, au moins deux heures trente par semaine d’une activité physique adaptée (APA) d’intensité modérée. Un objectif à adapter à ses capacités, et toujours en concertation avec son médecin ou son kinésithérapeute. 

Sources 
Myasthénie du sujet âgé
Salort Campana E. 
La lettre du neurologue, février 2026

Mortality in Myasthenia Gravis in Denmark From 1985 to 2020: A Population-Based Cohort Study.
Jul Jarbæk Nielsen J, Levison L, Andersen H.
Neurology. 2025 Jun 24;104(12):e213745.

Cellular immune endophenotypes separating early and late-onset myasthenia gravis.
Theorell J, Ruffin N, Fower A et al.
JCI Insight. 2025 Nov 27;11(1):e199679.

Myasthenia Gravis With Acetylcholine Receptor Antibodies in the Very Old: Treatment Challenges and Diagnostic Pitfalls.
Gilhus NE.
Eur J Neurol. 2026 Feb;33(2):e70534.

Pour en savoir plus :

Avancées de la recherche 2026 Myasthénie auto-immune
Télécharger la version PDF (PDF - 1.95 Mo)
Activité physique dans les maladies neuromusculaires
Télécharger la version PDF (PDF - 3.53 Mo)