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Recherche médicale et essais chez les animaux

Notre position :
Afin de guérir des maladies rares, incurables, invalidantes et mortelles, l'AFM-Téléthon investit autant de moyens et d’espoir dans la recherche médicale.
Pour accélérer la mise au point de traitements pour les maladies rares, l’AFM-Téléthon a fédéré 4 laboratoires leaders internationaux dans leur domaine.

De grandes étapes viennent ponctuer le chemin qui mène de la recherche fondamentale au médicament. Parmi elles, les études in vivo (sur l’animal et sur l’Homme) qui ont pour objectifs d’évaluer l’absence de toxicité et d’apporter la preuve de l’intérêt et de l’efficacité  d’un nouveau traitement envisagé. La recherche animale est donc une étape indispensable pour assurer le maximum de sécurité aux essais menés chez les malades.

La recherche animale est une obligation réglementaire strictement encadrée par le droit européen et français

La recherche animale est une obligation règlementaire, strictement encadrée par des règlements européens et français sous le contrôle en France des ministères de l’agriculture et de la recherche. Des comités d’éthique indépendants examinent  tous les protocoles de recherche impliquant des animaux. Cette étape de la recherche est donc  longue, coûteuse et difficile. Elle est indispensable pour valider la sécurité et l’efficacité d’un traitement avant qu’il ne soit également testé chez les malades. Les chercheurs y recourent alors par nécessité légale après avoir apporté la preuve que les méthodes alternatives ne permettraient pas de parvenir à ces résultats.  

C’est aussi une nécessité scientifique. Les modèles animaux sont ceux qui sont au plus proche du modèle humain

Les études sur les cellules ou les modèles informatiques ne peuvent à ce jour remplacer l’observation dans un organisme complet vivant : analyser une brique ne permettra jamais de comprendre comment la maison tient debout ! Il en va de même pour une cellule et un corps : analyser « la partie » ne permet pas de savoir comment réagira et fonctionnera « le tout ». Il est, par exemple, impossible d’étudier le fonctionnement du cœur dans sa globalité à partir de cellules cardiaques isolées.  Sans être absolument prédictifs, les modèles animaux sont ceux qui sont au plus proche du fonctionnement du modèle humain. Ainsi, de nombreux gènes sont communs à l’Homme et à l’animal.  

La souris est de loin le modèle auquel les chercheurs ont le plus recours. Elle représente de nombreuses similitudes génétiques, immunologiques, physiologiques et pathologiques avec l’Homme. Environ 99% des gènes des 2 espèces sont homologues.

Le poisson zèbre présente 85% des gènes en commun avec l’Homme. La drosophile, une petite mouche dont le génome a été un des premiers à avoir été entièrement séquencé, présente de nombreuses similitudes génétiques avec l’Homme.

De même, les chiens développent spontanément des maladies héréditaires identiques à celles de l’Homme et dus aux mêmes mutations génétiques. C’est le cas notamment dans certaines maladies neuromusculaires comme la myopathie de Duchenne ou la myopathie myotubulaire. Chez les enfants comme chez le chien, la maladie se traduit par des difficultés à se mouvoir, à respirer, à déglutir.  

La recherche chez l’animal est minoritaire et implique le plus souvent des souris et des poissons

Si le développement des méthodes alternatives à date ne permet pas encore de remplacer totalement l’expérimentation animale, elles représentent déjà 70 % des protocoles dans des laboratoires comme celui de l’Inserm. Le nombre d’animaux utilisés dans la recherche est d’ailleurs en constante diminution depuis de nombreuses années : le GIRCOR a évalué cette baisse à 40% depuis 2000. 80% des animaux utilisés dans le processus de la recherche In vivo sont des souris et des poissons. 

Grâce aux cellules souches, les laboratoires financés par l’AFM-Téléthon, notamment le laboratoire I-stem, mettent au point des modèles cellulaires permettant de tester des milliers de molécules pharmacologiques et de réduire ainsi le recours à l’animal.

La recherche animale est donc la règle à laquelle les chercheurs se résolvent quand aucune autre méthodologie efficace n’existe pour mettre au point les médicaments dont nous avons tous besoin ! 

C’est la conclusion défendue par de nombreux Prix Nobel, notamment Mme Françoise Barré-Sinoussi, récompensée pour ses travaux sur le VIH. « Nous avons besoin des modèles animaux même s’il y a des limites à ces modèles. Les modèles alternatifs eux aussi ont leurs limites. En France, 90% des recherches commencent par des méthodes alternatives et ce n’est que s’ils n’ont pas le choix que les chercheurs utilisent le modèle animal. Il va falloir mettre au point de meilleures méthodes alternatives à l’avenir…. Si nous arrêtions la recherche sur les animaux maintenant, ce serait un désastre pour la santé humaine, il faut en prendre conscience ». (Françoise Barré Sinoussi devant le Parlement européen mai 2015) 

En mars 2015, « Stop vivisection!», initiative citoyenne européenne, demandait à la Commission européenne  d’abroger la directive 2010/63/UE1 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques et de présenter une nouvelle proposition visant à renoncer progressivement à la pratique de l’expérimentation animale. La conclusion de la Commission européenne dans sa déclaration du 3 juin 2015 réaffirme le principe du droit à la recherche animale : « La substitution de tous les essais sur des animaux par d'autres méthodes n’est pas possible actuellement étant donné que l'on doit garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine. » (Extrait de la décision de la Commission précitée)

89 prix Nobel de médecine sur 105 attribués récompensent des innovations thérapeutiques qui ont nécessité le recours au modèle animal. Mise au point d’antibiotiques, vaccination, greffes d’organes, trithérapies, anti- cancéreux …, la liste des révolutions médicales rendues possibles grâce à la recherche chez l’animal est longue. 

En avril 2017, une équipe soutenue par l’AFM-Téléthon a démontré l’efficacité d’un traitement de thérapie génique chez des chiens atteints de myopathie myotubulaire. Suite à ces résultats positifs, le traitement va pouvoir être testé prochainement chez des enfants avec, on l’espère, les mêmes résultats ! 

 

 La recherche animale est un sujet important qui mérite d’être traité sérieusement, avec mesure et  sans caricature.

Elle est conduite de manière responsable et éthique par des chercheurs associés à des vétérinaires, selon des protocoles très stricts. Les interventions médicales sont pratiquées dans des conditions comparables à celles de la médecine humaine. Le cadre de vie répond lui aussi à des obligations très strictes (lieu de vie, température, socialisation…).  Les recherches sur l’animal ne peuvent avoir lieu que dans un établissement agrée et menés par des personnes habilitées. Que ce soit l’Inserm, le CNRS, le CEA, les universités, ils sont tous signataires de la charte nationale portant sur l’éthique de l’expérimentation. 

En pratique, 

Il est fait obligation aux chercheurs de soumettre leur projet de recherche impliquant des animaux à un comité d’éthique indépendant. Pour obtenir un avis favorable, ils doivent établir que les résultats de leur recherche ne peuvent être obtenus par des méthodes alternatives. Ils appliquent un protocole dit des 3R qui les amène à : 

  • Replace : Remplacer les animaux par d’autres méthodes dès que possible
  • Refine : c’est-à-dire accroitre leur bien-être et améliorer leur condition d’élevage
  • Reduce : réduire le nombre d’animaux utilisés dans les protocoles 

 

L’AFM-Téléthon communique régulièrement en toute transparence sur les recherches qu’elle mène

Entre 2005 et 2017, près de 30 communiqués de presse présentant les résultats de recherches menées pour mettre au point des thérapies innovantes  chez l’animal, ont été diffusés par l’AFM-Téléthon. Ces résultats ont également régulièrement fait l’objet de reportages dans l’émission Téléthon ou sur le site web de l’association. 

 

En savoir plus 

Le dispositif légal 

Art R214-105 du code rural sur la licéité des procédures expérimentales 

Avis de la Commission européenne du 3 juin 2015 

Le protocole des 3R 

Rapports institutionnels sur l’état de l’expérimentation animale 

Septième rapport sur les statistiques concernant le nombre d'animaux utilisés à des fins expérimentales et à d'autres fins scientifiques dans les États membres de l'Union européenne - 2013

Le rapport de l’académie vétérinaire de France 

Charte nationale sur l’ethique de l’expérimentation animale 

Positions des chercheurs 

Position des chercheurs français en faveur du droit à expérimenter 

Point de vue de la société des Neurosciences en faveur de l’expérimentation animale 

Dossier complet du CNRS sur le sujet 

Article du mensuel La Recherche "Expérimentation animale : Faut-il s'en passer ?"

Position de l'AFM-Téléthon

Recherche in vivo, une mise au point

Publié le : 19/10/2015