Nous contacter

Des professionnels écoutants vous accueillent, répondent à vos questions et vous orientent en fonction de vos demandes.

Maladies neuromusculaires
0 800 35 36 37 (numéro vert)

Vous pouvez aussi nous contacter ici

Maladies rares
01 56 53 81 36
www.maladiesraresinfo.org

Maladies rares et médicaments orphelins https://www.orpha.net

 

Maladie de Charcot-Marie-Tooth

Une maladie rare d'origine génétique qui touche le nerf périphérique

Elle se manifeste par une faiblesse musculaire et une diminution de la sensibilité des pieds et des mains qui apparaissent dans l'enfance ou l'âge adulte.

La maladie de Charcot-Marie-Tooth (ou CMT) regroupe un ensemble de maladies génétiques qui touchent les nerfs des jambes et des bras. La prise en charge médicale limite les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne (troubles de la marche et de l’équilibre, douleurs…) et ralentit l’évolution à long terme de la maladie. Très active et diversifiée, la recherche vise à identifier de nouveaux gènes en cause, tester des candidats-médicaments, découvrir de nouvelles pistes thérapeutiques, faciliter le diagnostic…

Qu'est-ce que la maladie de Charcot-Marie-Tooth ?

La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est une neuropathie sensitivomotrice héréditaire :  une maladie du nerf périphérique (neuropathie) qui entraine une diminution de la force musculaire et de la sensibilité (sensitivomotrice) qui peut se transmettre des parents aux enfants par les gènes (héréditaire), en anglais hereditary motor and sensory neuropathies, abrégé en HMSN. Elle est aussi appelée neuropathie de type Charcot-Marie-Tooth.
Le syndrome de Déjerine-Sottas désigne une forme particulièrement sévère de la maladie, qui se manifeste dès la naissance ou la petite enfance.

La maladie de Charcot-Marie-Tooth toucherait entre 30 000 et 50 000 personnes en France (soit 1 personne atteinte sur 2 500).

À noter qu'il existe une maladie de Charcot, à ne pas confondre avec la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

Il s'agit de deux maladies distinctes, qui se manifestent et évoluent de manière très différente l'une de l'autre. Pour en savoir plus sur la maladie de Charcot (ou sclérose latérale amyotrophique), vous pouvez consultez le site internet de l'Association pour la Recherche sur la Sclérose latérale amyotrophique et autres maladies du motoneurone (ARSLA).

À quoi est-elle due ?

Plus de 70 gènes impliqués dans l'apparition et la transmission de la maladie de Charcot-Marie-Tooth ont été identifiés.

À chaque gène, correspond une forme distincte de la maladie.

Afin de rendre compte de la grande variété génétique rencontrée dans la CMT et d'organiser les différents formes de CMT, les médecins et chercheurs ont mis au point une classification selon 3 critères :

  • la nature de l'atteinte du nerf périphérique, determinée d'après les vitesses de conduction nerveuse : forme axonale (vitesse de conduction nerveuse > 40 ms); forme démyélinisante (vitesse de conduction nerveuse < 35 m/s);  forme intermédiaire (vitesse de conduction nerveuse entre 25 m/s et 45 m/s) ;
  • le mode de transmission génétique : autosomique dominant, autosomique récessif et lié à l'X ;
  • l'anomalie génétique en cause.

Selon ces critères, il existe 6 grands types de CMT : CMT1, CMT2, CMT4, CMTX, DI-CMT et RI-CMT (historiquement, l'appellation CMT3 a été utilisée, mais a aujourd'hui disparu, pour des raisons complexes).  Ces 5 grands types sont divisés en sous-types (1A, 1B, 1C..., 2A, 2B...). Chacun de ces sous-types correspond à une anomalie génétique touchant la fabrication d'une protéine donnée.

De nouveaux gènes en lien avec la maladie de Charcot-Marie-Tooth sont découverts chaque année. Cette classification continue donc d'évoluer.

 

En savoir + sur la recherche

 

Ces anomalies génétiques entrainent une atteinte des nerfs périphériques, en particulier ceux des jambes et des bras.

Les nerfs périphériques relient les muscles et les organes sensoriels de la peau et des articulations au système nerveux central. Les informations qu'ils transmettent entre les muscles, les récepteurs de la peau, les récepteurs articulaires et le cerveau sont nécessaires aux mouvements, aux perceptions tactiles et douloureuses et au maintien de l'équilibre.

Dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth, l'atteinte des nerfs périphériques entraîne principalement un manque de force musculaire, des troubles de la sensibilité des extrémités des membres (pieds, mains) et des troubles de l'équilibre.

 

En savoir + sur la prise en charge médicale

 

La France est très impliquée dans la recherche clinique sur la CMT, avec la mise en place dès 2005 d’un essai clinique de grande ampleur dans la CMT 1A, financé par l’AFM-Téléthon. Depuis cet essai, évaluant l’efficacité de l’acide ascorbique, d’autres essais ont eu lieu, sont en cours ou en préparation en France.

Où en est la recherche dans la maladie Charcot-Marie-Tooth (CMT) ?

La recherche dans la CMT est très active, en particulier en France et en Europe (Grande-Bretagne, Italie, Espagne…), mais aussi aux États-Unis, au Japon et en Australie.

  • 292 articles publiés dans la littérature médicale et scientifique au cours de l'année 2019 d'après Pubmed (interrogation du 26 novembre 2020).
  • 71 essais cliniques répertoriés sur le site de l'Organisation Mondiale de la Santé, l'OMS (interrogation du 26 novembre 2020)

Voir les Avancées dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth.

De nombreuses équipes travaillent sur l’identification des causes génétiques et la compréhension des mécanismes de chacun des sous-types de CMT, ainsi que sur la découverte et l'évaluation de nouvelles pistes thérapeutiques.

Ces chercheurs et ces cliniciens spécialistes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth se réunissent régulièrement lors congrès nationaux et internationaux consacrés aux maladies du nerf périphérique et/ou aux maladies neuromusculaires pour échanger sur l'avancement de leurs projets de recherche et mettre en place des collaborations : Myology2019 ; Congrès annuel de la "Peripheral Nerve Society" ; Congrès international de la World Muscle Societyau niveau international ; Journées annuelles de la Société Française de Myologie (SFM) et de la Société Francophone du Nerf Périphérique (SFNP), congrès de l'association CMT-France... au niveau national.

À l'occasion du congrès Myology, Nicolas Tricaud a présenté les résultats encourageants d'une approche de thérapie génique dans la CMT1A à l'étude chez le rat.

En France, une base de données médicales et un essai clinique en cours

  • La base de données neuropathies périphériques recueille des données sur le diagnostic, la prise en charge et le suivi des personnes atteintes de neuropathie périphérique (dont la CMT) suivies en  France, pour aider au diagnostic et au suivi des patients ainsi qu’à la mise en place de projets de recherche et d'essais cliniques.

Plus d'informations sur la base de données neuropathies périphériques

  • L'essai PLEO CMT évalue la sécurité d'utilisation et l’efficacité du PXT3003 pendant 15 mois, chez 300 personnes atteintes de maladie de Charcot-Marie-Tooth 1A. C'est un essai international qui se déroule dans 7 pays dans le monde. En octobre 2018, Pharnext a annoncé des résultats préliminaires de l'essai et confirmé sa volonté de continuer le développement de PXT3003. Un nouvel essai international du PXT3003 est en préparation.

Plus d'informations sur l'essai PLEO CMT

  • L’IFB-088 (ou sephine 1) est une molécule développée par la société Inflectis Bioscience, avec le soutien de l’AFM-Téléthon, évaluée avec succès sur des animaux modèles de CMT 1A et CMT 1B. Un essai français sur des volontaires sains a montré que le candidat-médicament est sans danger. Un nouvel essai chez des patients atteints de CMT est prévu.
Pour aller plus loin

La prise en charge orthopédique joue un rôle essentiel dans le suivi médical des personnes atteintes de maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT). Associée à une activité physique régulière d’intensité modérée, elle permet de ralentir l’évolution à long terme de la maladie en l'absence de traitement permettant de guérir. 

Comment se manifeste la CMT ?

La maladie de Charcot-Marie-Tooth débute la plupart du temps dans l’enfance ou chez l’adulte jeune. Les premiers signes sont le plus souvent des troubles de la marche (retard à l’acquisition de la marche, chutes, déficit des muscles releveurs des pieds qui entraînent une démarche trébuchante- steppage-) et des déformations des pieds (pieds creux). Ils sont dus à une faiblesse musculaire distale, c’est-à-dire des extrémités des membres et une atrophie progressive, plus marquée aux jambes (atrophie musculaire péronière). Fatigabilité, troubles de l’équilibre et pénibilité de la station debout ou à la montée des escaliers sont des symptômes fréquents.

L’atteinte des mains est en général tardive, n’apparaissant qu’après plusieurs années d’évolution.

Une diminution de la sensiliblité (au toucher, à la chaleur, au froid, à la douleur...) au niveau des pieds et des mains est aussi possible. Il est fréquent que des douleurs apparaissent chez les personnes atteintes de CMT.

Dans certaines formes, d’autres symptômes peuvent être présents : atteinte respiratoire, atteintes des cordes vocales, surdité, ulcères aux pieds.

Comment évoluent-elles ?

L’évolution reste extrêmement variable entre les différents types de CMT et y compris au sein d’une même famille : certaines personnes présentent peu ou pas de symptômes alors que d’autres ont une gêne fonctionnelle importante.

L'évolution est en général lentement progressive, mais elle peut aussi se faire par poussées (notamment à l’adolescence).

Les formes sévères sont rares. En règle générale, le handicap est modéré et la marche reste le plus souvent possible. La longévité n’est pas affectée et il est possible de conserver une activité socio-professionnelle normale ou quasi-normale dans la plupart des cas.

Que peut-on faire ?

La prise en charge vise essentiellement à améliorer le confort de vie des personnes atteintes de CMT et à prévenir les complications, en particulier au niveau des muscles et des articulations.

  • La pratique régulière d'une activité sportive modérée adaptée aux capacités musculaires (natation, gymnastique aquatique, vélo d'appartement, vélo elliptique....) améliore la force musculaire et l'endurance. Il a été montré qu'elle peut, en prévenant la désadaptation à l'effort, diminuer les sensations de fatigue et de douleur chez les personnes atteintes de CMT.
  • La prise en charge orthopédique comprend la kinésithérapie, qui doit être précoce, régulière et personnalisée, ainsi que l'appareillage. Elle permet de ralentir l’évolution de la maladie, notamment en maintenant la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire peut entraîner des déformations articulaires).Des chaussures orthopédiques, des attelles, voire dans certains cas une intervention chirurgicale, peuvent être proposées pour compenser les difficultés à la marche.
  • La prise en charge des douleurs varie en fonction de leurs causes (adaptations du programme de rééducation ou d'un appareillage dès que nécessaire, médicaments contre la douleur, relaxation… Il existe des centres spécialisés dans le traitement de la douleur chronique.

Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie.

Comment fait-on le diagnostic ?

Le diagnostic clinique est basé sur la mise en évidence d’un déficit moteur et parfois sensitif en rapport avec une atteinte du système nerveux périphérique.

L’examen électrophysiologique des nerfs, qui doit être systématique, permet de préciser le type de l’atteinte nerveuse. La mesure de la vitesse de conduction nerveuse permet en effet de distinguer une atteinte de la myéline, l’enveloppe qui entoure le prolongement de la cellule nerveuse (formes myéliniques ou CMT1 ou certaines CMT4) ou d’une atteinte primaire du neurone (formes axonales ou CMT2 ou certains CMT4).

Dans les CMT1 et dans certaines CMT4, c’est la gaine de myéline qui entoure le nerf qui est atteinte. L‘électromyogramme révèle une vitesse de conduction nerveuse diminuée (sans lien avec l’atteinte clinique).
Dans les CMT2 et dans certaines CMT4, c’est directement le nerf qui est atteint. L‘électromyogramme révèle une vitesse de conduction nerveuse plus ou moins augmentée.

L’identification du type électrique de l’atteinte nerveuse et du mode de transmission par l’étude de l’arbre généalogique permet ensuite de guider l’étude en biologie moléculaire. En effet, pour les formes de maladie de Charcot-Marie-Tooth dont le gène est connu, un diagnostic moléculaire est possible : à partir d’une prise de sang, on extrait l’ADN des globules blancs et on recherche l’anomalie génétique en cause.

Zoom sur... la maladie de Charcot-Marie-Tooth

Ce document présente une information générale, scientifique, médicale, psychologique et sociale sur la maladie de Charcot-Marie-Tooth : Est-elle fréquente ? Comment se manifeste-t-elle ? Comment évolue-t-elle ? Comment se transmet-elle ? Quelle prise en charge médicale ? Où consulter ? Quand ? Quelles démarches administratives ?...Il développe les différents aspects de ce qui peut être fait sur les plans médical, psychologique, social et dans la vie quotidienne pour vivre avec une CMT.

Voir le Zoom sur ... la maladie de Charcot-Marie-Tooth

Pour aller plus loin

Publié le : 26/11/2020

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien