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Myopathie des ceintures

Des maladies rares d'origine génétique qui touchent le muscle

Elles se manifestent par une diminution progressive de la force des muscles du bassin (ceinture pelvienne) et des muscles des épaules (ceinture scapulaire).

Les 31 formes de myopathies des ceintures ou dystrophies musculaires des ceintures répertoriées à ce jour se manifestent de façons diverses allant d’une simple fatigabilité à des formes entraînant la perte de la marche, avec ou sans complications cardiaque et/ou respiratoire. Un suivi médical régulier permet de traiter à temps les conséquences de la maladie. Les thérapies innovantes sont des pistes de recherche en pleine évolution dans ces maladies.

Que sont les myopathies des ceintures ?

Les myopathies des ceintures (ou dystrophies musculaires des ceintures) constituent un ensemble de maladies musculaires qui diffèrent, parfois beaucoup, les unes des autres. Elles toucheraient environ 5 à 6 personnes sur 1 million.
Elles sont aussi appelées LGMD (pour Limb Girdle Muscular Dystrophy en anglais).

 

En savoir + sur la prise en charge médicale

 

À quoi les myopathies des ceintures sont-elles dues ?

Les myopathies des ceintures sont des maladies d'origine génétique. Plus de trente gènes impliqués dans l'apparition et la transmission de ces maladies ont été identifiés. À chaque gène, correspond une forme distincte de myopathie des ceintures.

Les anomalies génétiques en cause dans les myopathies des ceintures perturbent le bon fonctionnement des cellules musculaires.

La classification des myopathies des ceintures 

Afin de s'y retrouver dans les différents types des myopathies des ceintures, qui présentent une grande variété génétique, les médecins et les chercheurs utilisent, depuis la publication en 2018 des travaux d’un groupe d’experts internationaux et de représentants de patients réunis dans le cadre d’un atelier de travail organisé par l’European Neuromuscular Centre (ENMC), une classification plus explicite, précise et évolutive qu’auparavant qui comprend :

  • l’information sur le mode de transmission : dominant (LGMD D) ou récessif (LGMD R)
  • une numérotation correspondant à l’ordre de description,
  • une information sur la protéine en cause (LGMD R1 liée à la calpaïne 3, par exemple)

Parmi les 26 formes autosomiques récessives (LGMD R ou LGMD2), la calpaïnopathie (LGMD R1 liée à la calpaïne, ex-LGMD2A) est la plus fréquente, suivie par l'anoctaminopathie (LGMD R12 liée à l'anoctamine 5, ex-LGMD2L) et la dysferlinopathie (LGMD R2 liée à la dysferline, ex-LGMD2B), puis par les sarcoglycanopathies (LGMD R5, R3, R4, R6, ex-LGMD2C, 2D, 2E, 2F).

Les 5 formes autosomiques dominantes (LGMD D ou LGMD1) sont beaucoup plus rares, avec parfois seulement quelques familles rapportées pour chacune de ces formes.

 

En savoir + sur la recherche

La recherche sur les myopathies des ceintures est particulièrement active que ce soit dans le domaine de la découverte de nouveaux gènes ou celui de l'exploration de pistes thérapeutiques, en particulier celle de la thérapie génique.

Quelques chiffres… 

  • 13 essais cliniques en cours ou en préparation dans les myopathies des ceintures répertoriés sur le site ClinicalTrials.gov (interrogation du 1er décembre 2020).
  • 142 articles publiés dans la littérature médicale et scientifique au cours de l'année 2019 d'après Pubmed (interrogation du 1er décembre 2020).

Voir les Avancées de la recherche dans les myopathies des ceintures

Des événements scientifiques témoignant d'une recherche active

Plusieurs congrès internationaux sur la recherche dans les maladies neuromusculaires sont régulièrement organisés :

Ils permettent de favoriser les échanges entre tous les acteurs impliqués -chercheurs issus de laboratoires de recherche fondamentale, cliniciens des centres spécialisées dans la prise en charge de ces maladies, représentants de l'industrie pharmaceutique…- et de présenter les progrès réalisés dans le développement des thérapies innovantes dans les maladies neuromusculaires (thérapie génique, saut d’exon, pharmacogénétique…) dont les myopathies des ceintures.

Lors du congrès Myology2019, Madhuri Hegde (Waltham, USA) qui travaille sur la compréhension des origines génétiques des dystrophies musculaires des ceintures a présentée les résultats d’une étude menée sur plus de 5 000 patients.

En août 2019, s'est tenu pour la première fois une conférence américaine dédiée aux dystrophies musculaires des ceintures, à Chicago.

Les chercheurs et cliniciens impliqués dans les myopathies des ceintures se réunissent aussi lors d'ateliers de travail plus restreints, autour d'une thématique pour favoriser les échanges et mettre en place des collaborations.

  • Un troisième atelier organisé par par l'European Neuromuscular Centre (ENMC) consacré au « Dystroglycane et aux dystroglycanopathies » prévu du 4 au 6 septembre 2020 a été reporté en mars 2021 du fait de la situation sanitaire.
  • La 8e conférence scientifique de la Jain Foundation qui devait se dérouler à Orlando (États-Unis) du 11 au 14 mars 2020, a été reportée à une date ultérieure. Cette conférence, spécifiquement consacrée aux dysferlinopathies (LGMD R2 et myopathie de Miyoshi), réunit chercheurs et cliniciens tous les deux ans dans le but de favoriser le partage des connaissances et les collaborations et de faire le point sur les avancées de la recherche dans ces maladies.

 Améliorer les connaissances sur les myopathies des ceintures

  • Depuis la découverte du gène de la calpaïne 3 en 1995 par l'équipe d'Isabelle Richard à Généthon, plus de 30 gènes différents ont été identifiés dans les myopathies des ceintures. Les médecins découvrent petit à petit que certains de ces gènes sont aussi impliqués dans d'autres formes de maladies neuromusculaires, notamment dans plusieurs formes de dystrophies musculaires congénitales, de myopathies distales ou de myopathies myofibrillaires.
  • Plusieurs études observationnelles et bases de données sont en cours pour mieux décrire les différentes formes de myopathies des ceintures. Ces études apportent des données plus spécifiques sur l'évolution de chacune des formes de myopathies des ceintures sur lesquelles s’appuyer pour de futurs essais cliniques.
  • L’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM) devient un outil de diagnostic et de suivi de plus en plus performant notamment grâce au développement des méthodes quantitatives qui permettent de mesurer l’évolution de l’atteinte musculaire, faisant de cet outil un biomarqueur quantifiable, reproductible et non invasif dans le cadre de futurs essais cliniques.

Les pistes thérapeutiques

Les chercheurs explorent plusieurs stratégies afin d'agir sur le mécanisme pathologique à différents niveaux.

La thérapie génique

La thérapie génique consiste à insérer, dans les cellules de la personne malade, un "gène-médicament". Les essais cliniques de thérapie génique dans les myopathies des ceintures commencent à se multiplier tandis que des premiers résultats arrivent et que les approches se diversifient.

Pour en savoir plus : un article pour comprendre la thérapie génique avec un focus sur les travaux en cours à Généthon sur le blog du groupe d'intérêt "Myopathies des Ceintures" de l'AFM-Téléthon

La thérapie cellulaire

La thérapie cellulaire vise à réparer les muscles atteints en administrant à la personne malade ses propres cellules souches, préalablement corrigées par thérapie génique. Des chercheurs ont pu corriger des anomalies dans le gène de la calpaïne 3 dans des cellules souches pluripotentes induites (iPS) provenant de personnes atteintes de LGMD R1(ex LGMD 2A), grâce à la technique CRISPR/Cas9.

Les approches pharmacologiques

Elles visent à ralentir l’évolution de la maladie. Plusieurs candidats médicaments sont à l’essai : les corticoïdes, le déflazacort et le PF-06252616 dans la LGMD R9...

Depuis 2015, le laboratoire I-stem  travaille sur des cellules modèles de myopathies des ceintures pour identifier des candidats-médicaments parmi des molécules déjà connues.

Voir les Avancées dans les myopathies des ceintures

Pour aller plus loin 

Comment se manifestent les myopathies des ceintures ?

Les dystrophies musculaires des ceintures (ou myopathies des ceintures) sont des maladies du muscle. Le tissu musculaire se transforme : petit à petit il devient dystrophique (d’où le nom de dystrophie musculaire des ceintures). Progressivement, certains muscles diminuent de volume et s'affaiblissent.

Elles se manifestent par une diminution lente de la force des muscles du bassin (ceinture pelvienne) et des muscles des épaules (ceinture scapulaire).

Leurs manifestations sont très variables d'une forme à l'autre. Dans les formes qui se transmettent sur le mode récessif (LGMD R anciennement LGMD2), la maladie apparait souvent avant l'âge de 20 ans. Dans les formes qui se transmettent sur le mode dominant (LGMD D anciennement LGMD1), le début peut être plus tardif.

Les premiers signes consistent principalement en des difficultés pour courir, pour monter les escaliers et se relever du sol. Les chutes sont fréquentes. Les mollets peuvent paraître très musclés (hypertrophie des mollets).

Selon le type de myopathies des ceintures, il peut exister une atteinte respiratoire et/ou du muscle cardiaque (cardiomyopathie, troubles du rythme cardiaque).

Comment les myopathies des ceintures évoluent-elles ?

L'évolution de ces maladies est très variable. Elle peut être lente ou rapide.

Le déficit des muscles des jambes s'accompagne souvent d'un raccourcissement des tendons d'Achille (rétractions tendineuses) et d’une déformation de la colonne vertébrale (scoliose, colonne raide). La marche peut devenir difficile dans certaines formes de myopathies des ceintures. Ainsi, dans certaines sarcoglycanopathies la marche devient impossible au bout de plusieurs années d'évolution. D'autres dystrophies des ceintures sont peu ou pas évolutives.

Comment fait-on le diagnostic ?

Pour poser le diagnostic de myopathie des ceintures et préciser son type, le médecin se base sur la localisation du déficit musculaire (ceintures), son évolution et l'histoire familiale (transmission génétique), complétées par des examens (prise de sang, scanner ou IRM musculaires, électromyogramme, biopsie musculaire).

  • La prise de sang permet de mesurer la concentration sanguine de certaines enzymes musculaires telles que la créatine kinase ou créatine phospho-kinase (CPK).
  • Un prélèvement d'un fragment de muscle (biopsie musculaire) permet de mettre évidence l’altération du tissu musculaire (aspect de nécrose-régénération caractéristique des dystrophies musculaires) et d’identifier, dans certains cas, le déficit protéique causal et donc le type de myopathie des ceintures.
  • Le test génétique consiste à analyser le gène codant la protéine suspecte. Il est réalisé à partir de l'ADN de globules blancs prélevés par une simple prise de sang.

Que peut-on faire ?

La prise en charge médicale vise essentiellement à prévenir les complications, notamment au niveau des muscles et des articulations.

  • Le diagnostic et la prise en charge d'une myopathie des ceintures se conçoivent au mieux dans le cadre de consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires.
  • Une surveillance annuelle est recommandée pour faire un bilan musculaire, orthopédique, cardiaque et respiratoire.
  • La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage) doit être précoce, régulière et adaptée à chaque situation individuelle. Elle permet de lutter contre les conséquences néfastes de la maladie, en maintenant, notamment, la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire s'accompagne d'un enraidissement des muscles et des articulations et peut entraîner des déformations articulaires).
  • Des aides techniques (téléphone main libre, canne, support de bras, pince à long manche...) aident, le cas échéant, à réaliser les gestes de la vie quotidienne que la gêne musculaire rend pénibles ou impossibles. Un scooter électrique ou un fauteuil roulant permet de retrouver l'autonomie de se déplacer.
  • Lorsqu'il existe une atteinte des muscles respiratoires, celle-ci nécessite une prise en charge spécifique.
  • Un suivi cardiologique régulier permet de mettre en route un traitement adapté (médicaments, pacemaker, défibrillateur) au cas où une atteinte cardiaque serait détectée par les examens médicaux..

Les myopathies des ceintures sont des maladies génétiques héréditaires. Le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre une de ces maladies.

Pour aller plus loin

Publié le : 01/12/2020

Des repères pour mieux gérer la maladie au quotidien